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CEDEAO : Le secteur privé sénégalais s’oppose à l’adhésion du Maroc

lundi 30 octobre 2017

Après avoir perdu l’espoir de rejoindre l’Union Européenne, le Maroc de Mohammed VI se tourne vers l’Afrique et exprime sa volonté à intégrer la communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pourtant, le Sénégal continue de s’opposer à cette décision. Quelles en sont les raisons au juste ?

Le 16 décembre prochain aura lieu à Lomé, au Togo, la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, qui a déjà donné son accord de principe, pour se prononcer sur la question de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Après sa visite à Rabat en juin dernier, le président de la commission de la CEDEAO, Marcel Alain De Souza avait répondu favorablement à l’appel du Maroc de rejoindre la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest, via un courrier officiel exprimé par le Roi Mohammed VI, annonçant entre autres l’intégration d’une nouvelle monnaie qui deviendra unique à l’ensemble des états membres.

Même si De Souza a confirmé que toutes les démarches juridiques et administratives sont prêtes à accueillir le Maroc dans sa nouvelle famille économique, le Sénégal, notamment le secteur privé de ce pays, est un des membres qui semble s’opposer à cette adhésion en affirmant que cette décision aura de lourdes conséquences sur l’économie de cette région.

Le Maroc, danger réel pour la CEDEAO … Vraiment ?

« Si le Maroc adhère à la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest, la compétitivité subira un grand choc au niveau l’économie sous-régional », affirme le comité des acteurs économiques privés au Sénégal, créé spécialement à cette occasion.

Dans le Quotidien sénégalais EnQuête, l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ne sera que suicidaire pour la force financière de la plupart des états membres, à l’exception du Nigeria. Ils seront « tous perdants », ajoute un journaliste dans ce quotidien. Le Sénégal mentionne également le risque de perdre les taxes douanières, suite à l’adhésion du Maroc, sans parler des pertes conséquentes dans plusieurs domaines clés de l’économie des pays membres comme l’agriculture, l’industrie, l’artisanat, le BTP, les travaux publics, etc.

Si le Sénégal tire la sonnette d’alarme et s’oppose à l’adhésion du Maroc à la CEDEAO, c’est que leur instinct de survie économique serait dans le viseur, à cause, entre autres, d’un PIB marocain atteignant 101 Milliards de Dollars US, supérieur à lui seul à celui du Ghana, du Sénégal et de la Côte d’ivoire additionnés. Rappelons également l’hégémonie des produits marocains dans plusieurs secteurs comme le cas des oranges marocaines qui ont pris le dessus sur les clémentines de Pout et de Niayes, sans parler de l’oignon, des carottes, des pommes de terre ou du poivron, des produits très difficiles à concurrencer, surtout si le Maroc les impose dans cette région.

Diallo Kane, président du comité du secteur privé sénégalais, rappelle que seule l’économie du Nigéria est capable de rivaliser avec le Maroc et que cette décision sera une erreur que le CEDEAO regrettera sans nul doute.

https://www.lesinfos.ma/article/592...

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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