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Assemblé nationale : Marcelin Guengueré, un député qui n’a pas sa place au Parlement

dimanche 21 juin 2020

Marcelin Guenguéré, de Dama Amassagou à l’Assemblée nationale, est un député qui n’a pas sa place au Parlement de la République du Mali.

Les observateurs de la scène politique malienne sont unanimes à admettre que de toute l’histoire du parlement malien, la 6ème législature, est partie pour être des plus catastrophiques. Et, la toute dernière sortie de Marcelin Guengueré, député élu sur une liste indépendante à Koro et qui a vite fait de rejoindre le RPM, est des plus illustratives.

A la faveur de l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui a donné à l’issue du 2ème tour de l’élection des députés la liste définitive des élus de la nation, nombreux sont les citoyens maliens qui se sont faits leur petite idée sur la qualité des hommes et des femmes qui sont appelés, en principe, à voter les lois de la République et à contrôler l’action de l’exécutif. « Nous sommes mal chanceux au Mali, la démocratie qui devait permettre un développement rapide du pays pour le bonheur des maliennes et maliens, est aujourd’hui pris en otage », nous a indiqué Mamadou Sabéré Diarra, enseignant à la retraite. Selon lui, l’Assemblée nationale est en passe de devenir un lieu où se donnent rendez-vous des hauts fonctionnaires maliens qui ont suffisamment pillé l’Etat et des opérateurs économiques véreux qui ont suffisamment driblé les services des impôts.
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A ces deux catégories de députés, à la faveur de la 6ème législature, force est de constater que le Mali doit malheureusement se résoudre à admettre et à assister impuissant, à l’arrivé des « députés armés ». « Les députés armés » sont des membres des groupes armés qui se sont fait élus dans des circonscriptions où ils ont suffisamment entretenus l’insécurité. Du coup l’on est en droit de douter de la sincérité du vote de leurs concitoyens. Sans la menace des armes, souvent lourdes, nous avons la certitude que certains députés n’allaient jamais voir Bamako de sitôt, à plus forte raison de siéger à l’Assemblée nationale.

« Vous convenez avec mois que dans un tel contexte, où c’est l’argent sale et les armes qui ont guidé le vote dans la plupart des circonscriptions du pays, les acteurs politiques notoirement connus, n’ont plus grande chance de siéger à l’Assemblée nationale », a précisé notre interlocuteur. Avant de déclarer que « depuis que la démocratie malienne est devenue censitaire », les hommes politiques maliens qui se soucient du devenir du Mali, sont en perte de vitesse.

Et, malheureusement, cette race d’hommes politiques qui pourra tirer le Mali des ravins, est aujourd’hui remplacer par des députés comme Marcelin Guengueré, qui n’a rien compris de sa fonction de député et la fonction de l’Assemblée nationale.

Arrivé récemment de son maquis, en sa qualité de porte-parole national du Mouvement des Chasseurs Dan Na Amassagou (Milice Dogon) et obnubilé par sa désignation/nomination comme Président de la Commission santé de l’Assemblée nationale, Marcelin Guengueré doit savoir raison gardée.

Dans l’incapacité totale de perdre ses réflexes de « miliciens », il faut craindre que Marcelin Guengueré ne transforme le parlement du Mali, en maquis. En tout, les propos Monsieur jurent d’avec ceux que doit avoir un vrai député malien, élu du Peuple. Loin d’être rassurant, il propose aux députés de son bord politique de transformer l’Assemblée nationale en un champ de bataille. Sûrement parce qu’il est convaincu de la grosseur du canon de son fusil.

« Les taupes à décapiter, avant de se faire décapiter »

« Moi, je proposerais que nous allions vers la mise en place d’un comité ou en tout cas d’un système de regroupement qui pourrait réfléchir très rapidement sur la conduite à tenir par l’Assemblée nationale sur les réponses à donner face à cette rue qui commence à vraiment trop déconner ». Voilà en substance les propos graves tenus par Marcelin Guengueré lors de la plénière du jeudi 18 mai 2020, à l’Assemblée nationale. Sûrement, ce député venu du maquis n’a pas mesuré la gravité de ses propos. Si non, il n’allait jamais inviter les députés à mettre en place « un comité pour réfléchir très rapidement sur la conduite à tenir par l’Assemblée nationale sur les réponses à donner face à cette rue qui commence à vraiment trop déconner ».

Plus grave, en vrai maquisard Marcelin Guengueré reste très suspicieux. Et, instruit des techniques de guérilla, il ne se gène pas à proposer aux députés de sa tendance d’attaquer ceux de l’autre bord avant qu’il ne soit trop tard. « Au sein de l’Assemblée, il faut identifier tous les complices de ces gens. Il ne faut pas qu’on tourne derrière la cuillère. Les taupes sont parmi nous. Souvent, on les connait, mais on ne fait que murmurer. Vous restez entrain de murmurer et c’est comme ça on va vous décapiter tous. Excusez moi, c’est malheureusement comme ça », a déclaré en substance Marcelin Guengueré. Qui pourra nous convaincre que ces propos de Marcelin Guengueré ne sont pas une invitation à décapiter, selon lui les députés qu’ils considèrent comme des taupes, avant qu’ils que ces derniers ne les décapitent.

Chose plus grave, n’eut été l’insistance de Moussa Timbiné, Président de l’Assemblée nationale, Marcelin Guengueré n’allait jamais retirer le mot « décapité » de ses propos. Sûrement parce que tout à fait naturel pour lui

C’est vrai le mot « décapiter » a fait réagir Moussa Timbiné, en sa qualité de Président de l’Assemblée nationale, parce que d’une gravité apparente. Mais, Moussa Timbiné n’aurait pas dû laisser Marcelin Guengueré taxé d’autres députés de « taupes » des manifestants dans la rue.

Nous constatons simplement que la bannière tricolore (VERT-JAUNE-ROUGE) que Marcelin Guengueré porte avec fierté, en sa qualité de député de la nation malienne, n’est pas un symbole fort, à lui faire oublier son maquis. Au regard de la gravité de ses propos qui tombent sous le coup de flagrant délit, une convocation devant le Procureur de la République pourrait l’aider à faire rapidement sa mutation de « milicien » à député, élu du Peuple. A moins, qu’il soit convaincu qu’il n’a pas élu par le Peuple de Koro. Et, comme chez nous au Mali, il n’est pas sûr de voir plus de deux personnes convaincues de la gravité de ces propos, nous estimons et le disons haut et fort : « Marcelin Guenguéré, de Dama Amassagou à l’Assemblée nationale, est un député qui n’a pas sa place au Parlement de la République du Mali.

Assane Koné
LIRE ICI LA VIDEO DE MARCELON GUENGUERE PUBLIEE PAR NOTRE CONFRERE LE JALON

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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