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MEILLEURE GESTION DES FINANCES PUBLIQUES : Le temps d’auditer le Bureau du Vérificateur général

lundi 22 mars 2021

Nommé Vérificateur général le 11 avril 2018 par Ibrahim Boubacar Keita, ancien président de la République, Samba Alhamdou Baby, est depuis trois ans à la tête du Bureau du Vérificateur général. Conformément aux textes de création de l’institution, l’heure d’un contrôle est arrivée.

Le Vérificateur général est nommé par décret du Président de la République, suite à un appel à candidature. Il est une autorité administrative indépendante qui jouit de l’autonomie de gestion avec un mandat de 7 ans renouvelable.

Les types d’audits du Végal se présentent ainsi : Les audites financiers qui sont beaucoup plus axés sur le contrôle et touchent à l’aspect financier et matériel. Les audits de conformité regardent l’application des textes et les règlements. Il donne une appréciation sur les écarts par rapport à l’application des textes et propose des recommandations. L’audit de performance regarde les aspects économiques, déficientes et les aspects d’efficacité. Cet audit est beaucoup plus global et il est devenu une obligation pour les structures de contrôle. Le champ d’investigation concerne les projets et programmes de développement et les institutions de la république.

A la fin de chaque année, le Vérificateur général remet un rapport annuel au Président de la République, au Premier ministre, au Parlement et à l’institution supérieur de contrôle. Le rapport est ensuite rendu public.

Puisqu’il apparaît comme la seule structure de contrôle indépendante avec autonomie de gestion, les textes ont prévu des garde-fous. Autrement dit, le Vérificateur général est soumis à un contrôle externe tous les trois ans, sans oublier le contrôle interne qui est fait par l’institution supérieure du contrôle.

Selon nos informations, très prochainement, la gestion du Vérificateur général sera « zoomée » par une mission externe qui pointera bientôt son nez dans les dépenses faites par Samba Alhamdou Baby. Ce contrôle externe s’explique parfaitement, le BVG étant sujet de contrôle. L’histoire récente du BVG nous enseigne qu’il arrive qu’un Vérificateur général peut faire des dépenses non orthodoxes.

Le cas de l’ancien Végal, Sidi Sosso Diarra est illustrateur. On se rappelle qu’en 2017, la section des Comptes de la Cour suprême, avait épinglé Sidi Sosso Diarra « pour des cas de mauvaise gestion ».

Dans ce rapport, il était ressorti que la structure censée montrer la conduite à tenir quant à la bonne gestion des ressources financières n’était pas elle-même exempte de reproches.

Des avantages pécuniaires injustifiés de plusieurs centaines de millions F CFA avaient été accordés au personnel de sécurité par M. Diarra sans justificatif.

Aussi le Bureau du Vérificateur général sous M. Diarra avait procédé a de virements de crédits de plusieurs millions du chapitre études et recherches… Ensuite, la Section des Comptes de la Cour suprême avait aussi découvert le paiement de 10 factures non acquittées d’un montant de 14 588 850 F CFA en violation des dispositions de la loi n° 96-061 du 4 novembre 1996 portant principes fondamentaux de la comptabilité publique. 26 millions de F CFA de TVA, selon le rapport avaient été récoltés en 2006 par le Bureau du Vérificateur général, mais qui n’avaient jamais été reversés aux Impôts. La liste n’est pas exhaustive.

Un coup d’œil chez Samba Alhamdou Baby ne serait pas un mal en soi puisqu’il gère de l’argent public. Le contribuable malien doit savoir la destination des sous mis à sa disposition. Il y va de la transparence et de la bonne gestion des fonds publics.
La création du Bureau du Vérificateur général répond à un double souci des autorités : celui de lutter contre la corruption et la délinquance économique et financière, à travers la dénonciation des cas de fraude à la justice, d’une part, et d’autre part, de participer à l’amélioration de la gestion des finances publiques à travers la formulation de recommandations aux structures contrôlées et au gouvernement à l’occasion des missions de vérifications ou d’évaluation de politiques.

Mamadou Sidibé
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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