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Lutte contre le VIH/SIDA et les IST : L’Association malienne Hinè Ton engage la sensibilisation des populations de Balankomana et Abaladougou-Kenieba

vendredi 19 janvier 2024, par Assane Koné

Après une première édition réalisée avec succès à Bayan et Sebekourani, les 15 et 16 juillet 2023 dans la commune rurale de Narena, l’Association malienne Hinè Ton ( Amht) poursuit son programme de sensibilisation et de prévention des populations contre le VIH et le Sida dans les zones minières du Mandé avec l’appui technique et financier du Haut conseil national de lutte contre le Sida. Pour cette 2e phase de son activité, l’association a mené du 12 au 14 janvier 2024 une grande campagne de sensibilisation et de prévention du VIH et des IST dans les sites aurifères de Balankomana (commune de Narena) et Abaladougou-Kenieba (commune rurale de Binkady).

Sous la direction de la Présidente de l’Amht, Mme Aoua Maïga, la mission a ciblé des femmes et des filles à risques notamment les travailleuses de sexe, vendeuses ambulantes, aides ménagères et restauratrices et des populations. Placé sous le thème : « Accélérer le dépistage communautaire » et avec comme slogan « confier le leadership aux communautés », l’événement a enregistré la participation des autorités municipales de Narena.

En effet, l’Association Malienne Hinè Ton (AMHT) est une association humanitaire à but non lucratif, apolitique, non confessionnelle. Elle a été créée en 2018. Son objectif est de venir en aide et assister les veuves, les orphelins et les personnes déplacées et réfugiés de guerre. L’AMHT regroupe actuellement 300 femmes. L’Association mène des activités caritatives et humanitaires chaque année dans le mois de Ramadan, de la fête de Tabaski, du mois de solidarité et des activités de sensibilisation. Son slogan est : « Vivre c’est aider un autre à vivre ».

Devenu un véritable enjeu économique, le phénomène de l’orpaillage prend de plus en plus d’ampleur dans notre pays. Cette ruée à l’allure d’une révolution vers l’or constitue une véritable menace favorisant la propagation rapide du VIH. En mars 2021, les autorités sanitaires indiquaient à l’ISS que le taux de prévalence du VIH/SIDA en 2020 était de 0,9 % sur les sites d’orpaillage contre 0,5 % au niveau national.

Les femmes dans les mines méritent une vie sans VIH/SIDA

Pour cette seconde édition de son activité de sensibilisation, la présidente de l’AMHT était accompagnée de certains membres actifs de l’association, de Samba Soulama, Technicien supérieur de la santé au Centre de santé de référence de la commune IV. Sur ces sites aurifères (Balankomana et Abaladougou-Kenieba) situés à environ 100 km de Bamako, reçoivent des centaines de jeunes à l’assaut du trésor jaune caché : l’or. Ce qui fait de ces zones, des véritables carrefours démographiques. En plus des nationaux, ils sont Nigérians, Burkinabès, Ghanéens, Guinéens, Libériens, Sierra-Leonais, Ivoiriens, Nigériens, Sénégalais,... pour ne citer que ceux-ci, qui y vivent.

Les zones minières étant l’une des cibles vulnérables pour la propagation du sida, il s’agissait pour l’AMHT d’éclairer la lanterne des populations sur la véracité de l’existence et des méfaits du VIH et du SIDA, leur expliquer les stratégies de prévention et de prise en charge, en même temps leur prodiguer les conseils. Lesquels conseils portent sur la fidélité, la maîtrise de soi ou à défaut l’utilisation des préservatifs. En témoignent les slogans portés sur les banderoles. Entre autre, on pouvait lire sur les banderoles et les T-Shirts : « Les femmes dans les mines méritent une vie sans VIH/SIDA : Sensibilisons, Agissons » ; « Prévention dans les zones minières : Éduquons, Protégeons et Soutenons les femmes et les filles à risques ». Sur les casquettes, il était écrit : « VIH/SIDA n’a pas de frontières, protégeons les femmes à risques » ; « Égalité des sexes, zéro nouvelle infection, engageons-nous pour la santé des femmes ».

Pour cette campagne de sensibilisation sur le VIH et le SIDA, la population de Balankomana est sortie massivement pour réserver un accueil de grand jour à la délégation de l’AMAHT. D’emblée, le représentant du chef de village de Balankomana, Namakan Keïta a salué l’initiative de l’AMHT. Selon lui, la question sanitaire et du VIH/SIDA doit être l’affaire de tous. C’est pourquoi, il a noté que cette sensibilisation est la bienvenue à Balankomana. A la suite de la représentante de la présidente des femmes de Balankomana, le président de la jeunesse du village, Lassine Keïta a soutenu que cette action de l’Amht participe au développement et à l’éveil des consciences de la population.

Le Maire de la Commune rurale de Narena, Daouda Nambala Keïta a d’abord remercié l’AMHT pour son geste humanitaire. A l’entendre, dans la commune de Narena, il n’y a pas de sites d’orpaillage appropriés que celui de Bayan pour mener des actions de sensibilisation sur le VIH et le SIDA. Car dit-il, il y a toute sorte de personnes qui vivent dans cette zone. Mr Keïta a ensuite signalé que cette activité de l’AMHT permettra de sauver des vies. Il a signalé que l’orpaillage est devenu une révolution. Pour lui, dans les zones minières où la grande majorité des gens est analphabète, on ne doit pas négliger le côté sanitaire et l’hygiène. Pour ce faire, il a laissé entendre : « Les autorités municipales sont aussi des éducateurs. A ce titre, sans complaisance, la lutte contre le sida doit être l’affaire de tous. ». Il saisira cette occasion pour lancer un appel pressent à la jeunesse de faire attention et solliciter l’accompagnement de l’AMHT pour le développement de Narena.

Le sida, un tueur silencieux

Dans son discours, la présidente de l’AMHT a d’abord remercié le secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le SIDA, Dr Ichiaka Moumine Koné pour sa confiance et son soutien qui ont permis la matérialisation de cette œuvre. Mme Aoua Maïga a affirmé que cette activité s’inscrit en droite ligne des priorités nationales. A cet effet, elle a fait comprendre que la campagne vise à réduire les comportements sexuels à risque de la population et précisément dans les zones sensibles d’extraction minière à travers la communication.

Elle a ensuite laissé entendre que la maladie du sida est bien réelle. Mais que de nos jours, elle n’est plus une fatalité. Elle a soutenu que grâce à la science, il existe des mécanismes pour non seulement prévenir, mais aussi pour arrêter l’évolution du virus pour ceux qui sont déclarés positifs. Elle a signalé que le fait de sensibiliser les jeunes orpailleurs sur les méfaits de cette maladie cadre parfaitement avec la vision de son association. Elle a surtout insisté sur le dépistage des jeunes (filles et garçons) afin de réduire le taux de contamination. A en croire, la présidente de l’Amh, la lutte contre le VIH/SIDA nécessite un engagement collectif. A cet égard, elle a lancé : « Ensemble nous pouvons briser les chaînes de la stigmatisation, promouvoir la prévention et créer un avenir où le VIH/SIDA ne sera plus une menace pour nos vies. Soyons solidaires, informés, et déterminées à protéger notre bien-être et celui de notre communauté ».

Dans la même veine, Mme Aoua Maïga a conseillé l’utilisation des préservatifs pour se sauver à défaut de s’abstenir. Cette activité vise selon elle à soutenir l’émergence d’une réponse locale contre le SIDA afin d’assurer son élimination d’ici 2030 dans les zones minières du Mandé. Rien ne vaut la santé, a-t-elle déclaré. « Les jeunes qui interviennent dans les zones d’orpaillage ont besoin de l’aide, car ils constituent des cibles vulnérables à la propagation du virus de Sida », a alerté la présidente de l’AMHT. En guise d’argument, elle a soutenu qu’il n’y a rien de trop pour aider la jeunesse qui constitue l’avenir du pays et le socle de tout développement.

Technicien supérieur de la santé de son état, Samba Soulama a fait la genèse du VIH, expliquer les sources de transmissions, la prévention et le traitement. A cet égard, il a souligné qu’en plus des rapports sexuels non protégés, le VIH est transmissible de façon matérielle à travers les objets tranchants ou par voie d’accouchement. Selon lui, cette maladie a détruit des couples et des foyers. Car, dit-il, le sida est une maladie complexe.

Des milliers de préservatifs distribués

Après ces différentes communications, la délégation de l’AMHT s’est rendue sur les sites d’orpaillage du village où se trouvent également les chinois, avant de poursuivre son périple le lendemain dimanche 14 janvier dans la localité d’Abaladougou-Kenieba. En plus des messages et conseils sur les méfaits du Sida, des kits de préservatifs ont également été distribués aux jeunes orpailleurs et filles employées dans le lavage de la boue. En somme, ce sont 5184 pièces de condoms protector qui ont été distribuées pour cette campagne de sensibilisation.

Du haut de ses trente ans, le jeune Burkinabè Aly Traoré, raconte : « On est là à chercher de l’or. Cela fait longtemps que j’ai entendu parler de cette maladie. Des gens ont dit que c’était la politique pour vendre des produits aux noirs. Et la maladie n’existe pas. Mais franchement, c’est aujourd’hui que j’ai sû que j’étais mal informé. Les explications de cette association m’ont bien éclairé. C’est pourquoi je pense que si les jeunes ne peuvent pas s’abstenir, ils ont intérêt à se protéger. Je suis très content de leur action ».

Jean Goïta, envoyé spécial


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