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Eau et assainissement : le Mali se dote de nouvelles politiques pour relever les défis de 2045

mercredi 22 avril 2026, par Assane Koné

Le Mali franchit une nouvelle étape dans la gestion de l’eau et de l’assainissement. Réunis le 20 avril 2026 à Bamako, responsables publics, partenaires techniques et acteurs de la société civile ont présenté les nouvelles politiques nationales de l’eau et de l’assainissement. Deux documents stratégiques qui ambitionnent d’améliorer durablement les conditions de vie des populations et de garantir un accès équitable aux services essentiels.

La salle de conférence du Conseil national du patronat du Mali a servi de cadre, le 20 avril 2026, à une conférence de presse consacrée à la présentation des nouvelles politiques nationales de l’eau et de l’assainissement.

La rencontre était animée par Niarga Dembélé, Directeur national de l’Assainissement, du Contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN), et Sékou Diarra, Directeur national de l’Hydraulique (DNH). Ils avaient à leurs côtés Mamadou Keïta, Manager des politiques et du plaidoyer à WaterAid, ainsi que Boureïma Tabalaba, Directeur exécutif de la CN-CIEPA.

Une vision ambitieuse pour l’assainissement

Présentant les grandes lignes de la Politique nationale de l’assainissement (PNA), Niarga Dembélé a souligné que le document s’appuie sur les orientations de la Constitution du Mali, du référentiel stratégique « Mali Kura ɲɛtaa Sira ka bɛn san 2063 ma » ainsi que de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).

La vision portée par cette politique est claire : faire en sorte qu’à l’horizon 2045, tous les Maliens aient accès à des services d’assainissement durables, contribuant à la protection de l’environnement, à la préservation de la santé publique et à l’amélioration du cadre de vie, dans le respect des principes d’équité et de genre.

Pour atteindre cet objectif, la PNA entend renforcer la gouvernance du secteur, améliorer la gestion des déchets solides, liquides et spéciaux, lutter contre les pollutions et nuisances environnementales, réduire les maladies liées au péril fécal et accompagner les efforts d’adaptation aux changements climatiques.

Afin de traduire ces ambitions en actions concrètes, un plan d’actions couvrant la période 2026-2030 a été élaboré. Son coût global est estimé à plus de 137 milliards de francs CFA.
« Il s’agit de contribuer à l’amélioration du cadre de vie des populations à travers des services d’assainissement adéquats, gérés de manière durable et dans des conditions équitables et sécurisées », a expliqué le Directeur national de l’Assainissement.

Près de 3 000 milliards de FCFA pour la politique de l’eau

Abordant la Politique nationale de l’eau (PNE), Sékou Diarra a annoncé que les ressources nécessaires à sa mise en œuvre sont évaluées à près de 3 000 milliards de francs CFA sur la période 2026-2035.

Cette enveloppe financera notamment les programmes d’approvisionnement en eau potable, d’hydraulique, de gestion intégrée des ressources en eau et de gouvernance du sous-secteur.
Selon lui, quatre orientations stratégiques guideront l’action publique au cours des prochaines années : l’accès universel à l’eau potable, la gestion durable des ressources en eau, l’amélioration de l’accès à l’eau pour les usages productifs grâce à des technologies économes et la promotion d’une gouvernance efficace du secteur.

L’objectif général demeure de faire de l’eau un véritable levier de développement durable, tout en tenant compte des défis liés aux changements climatiques.

L’engagement renouvelé des partenaires

Au nom de WaterAid, Mamadou Keïta a salué l’aboutissement d’un processus auquel son organisation a activement participé. « Nous avons contribué au processus final d’élaboration des deux politiques en accompagnant les services de l’État dans leurs missions », a-t-il rappelé.

Il a réaffirmé l’engagement de WaterAid en faveur de l’accès universel à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, tout en soulignant la nécessité de maintenir une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les partenaires techniques et financiers. « Nous avons des objectifs de développement communs », a-t-il insisté, assurant que les partenaires continueront à soutenir la mise en œuvre des différents plans d’actions.
Un plaidoyer pour le financement des actions
Intervenant au nom des organisations de la société civile du secteur Eau, Hygiène et Assainissement, Boureïma Tabalaba a mis l’accent sur l’un des principaux défis à venir : la mobilisation des ressources financières nécessaires à la réalisation des ambitions affichées.

Pour lui, l’adoption de ces nouvelles politiques constitue une avancée majeure, mais leur réussite dépendra avant tout de la capacité de l’État, des partenaires et des autres acteurs à assurer un financement durable des programmes prévus.

À travers ces deux nouvelles politiques nationales, le Mali entend ainsi se donner les moyens de répondre aux défis croissants liés à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à la préservation de l’environnement, des enjeux essentiels pour le bien-être des populations et le développement durable du pays.

Assane Koné


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