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12e Conférence de l’ODEPA : Bamako veut faire de l’artisanat un moteur stratégique du développement africain

jeudi 2 juillet 2026, par Assane Koné

Les travaux des experts de la 12e Conférence des ministres de l’Organisation pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain (ODEPA) se sont ouverts, le jeudi 2 juillet 2026, à Bamako.

Durant deux jours, les spécialistes venus de 28 pays africains sont appelés à élaborer des recommandations destinées à repositionner durablement le secteur de l’artisanat au cœur des politiques publiques de développement sur le continent.

Bamako accueille, du 2 au 4 juillet 2026, la 12e Conférence des ministres de l’Organisation pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain (ODEPA). La première étape de cette rencontre continentale a été marquée par l’ouverture de la réunion des experts, organisée dans la salle de l’Union africaine de l’Hôtel de l’Amitié.

La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence de son homologue de la République du Congo, Irène Marie-Cécile Mboukou-Kimbatsa, présidente en exercice de l’ODEPA, ainsi que des délégations des États membres et des responsables de l’organisation.

Placée sous le haut patronage du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, la conférence se déroule autour du thème : « Quelles stratégies pour un repositionnement du secteur de l’artisanat dans les priorités de développement des pays membres ? »

Des recommandations attendues pour guider les ministres

Le Secrétaire général de l’ODEPA, Fidèle Ilboudo, a rappelé que cette réunion constitue une étape déterminante avant la Conférence des ministres prévue le 4 juillet. Selon lui, les experts ont la responsabilité d’examiner les différentes problématiques du secteur afin de formuler des recommandations solides qui serviront de base aux décisions politiques.

Il a également retracé l’évolution de l’organisation, créée en 1992 sous l’appellation CODEPA avant de devenir, à la suite des réformes engagées en 2023, l’Organisation pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain (ODEPA). Regroupant aujourd’hui 28 États membres et basée à Ouagadougou, l’organisation ambitionne de renforcer son rôle dans la promotion de l’artisanat africain.

Le Secrétaire général a insisté sur la nécessité de transformer les échanges entre experts en propositions pragmatiques susceptibles d’influencer durablement les politiques publiques en faveur des artisans du continent.

Faire de l’artisanat un véritable levier économique

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre malien Mamou Daffé a rappelé que l’artisanat ne saurait être considéré comme un simple héritage culturel. Pour lui, il constitue une véritable économie de proximité capable de générer des richesses, de créer des emplois et de valoriser les ressources locales. S’appuyant sur des données économiques, il a souligné que le secteur représente plus de 20 % du Produit intérieur brut africain, assure les moyens d’existence de plus de 60 millions de personnes et affiche une croissance annuelle supérieure à 5 %.

« L’Afrique ne manque ni de talents, ni de savoir-faire. Ce qui nous appartient désormais, c’est de transformer cette richesse en puissance économique », a-t-il affirmé devant les participants.

Cinq priorités pour repositionner l’artisanat africain

Le ministre malien a proposé une feuille de route articulée autour de cinq axes majeurs.
Il s’agit d’abord d’accorder à l’artisanat une place centrale dans les politiques publiques nationales et régionales. Ensuite, de renforcer la formation, la professionnalisation, l’innovation et la transition numérique afin de mieux préparer les artisans aux exigences du marché.

À cela s’ajoutent la facilitation de l’accès au financement et aux marchés, la promotion de la qualité à travers la normalisation, la certification, la labellisation et la protection des savoir-faire, ainsi que le renforcement de la coopération entre les États membres pour bâtir un véritable marché africain de l’artisanat.

Pour Mamou Daffé, ces orientations permettront de faire de l’artisanat un puissant levier d’intégration régionale, de création de valeur ajoutée et d’emplois dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Bamako, point de départ d’une nouvelle ambition continentale

Au-delà des échanges techniques, la rencontre de Bamako ambitionne de donner une nouvelle impulsion à l’ODEPA, dont les réformes engagées ces dernières années visent à renforcer son efficacité et son influence auprès des États membres.

Les recommandations qui sortiront des travaux des experts seront examinées par les ministres avant l’adoption d’une déclaration finale, appelée à définir les grandes orientations de l’organisation pour les prochaines années.

En déclarant officiellement ouverts les travaux, le ministre Mamou Daffé a lancé un appel à une mobilisation collective en faveur du secteur. Selon lui, « la Conférence de Bamako doit marquer un tournant » et ouvrir une nouvelle étape pour le développement de l’artisanat africain.

Pendant trois jours, Bamako devient ainsi le carrefour des réflexions sur l’avenir d’un secteur considéré comme l’un des principaux moteurs de la transformation économique, de l’emploi et de l’intégration du continent africain.

M T Koné


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