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FESTIVAL CINE DROIT LIBRE : La démocratie expliquée aux étudiants de l’UCAO-UUBa

lundi 22 mars 2021

« Pourquoi la démocratie ? », tel était le thème de la 5ème édition du Festival Ciné Droit Libre qui a eu lieu du 10 au 13 mars 2021 à Bamako. Cette édition a été une tribune ouverte aux échanges avec les étudiants de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire à Bamako (UCAO-UUBa). Une conférence-débat s’est tenue dans la grande salle de l’UCAO-UUBa.

Ce cadre d’échange a été facilité par le président du parti CNID Faso Yiriwaton, Me Mountaga Tall, et le président du parti FAD, Nouhoum Sarr. C’était en présence du Doyen de ladite Université, Dr Abbé Alexis Dembélé et des étudiants en journalisme et communication.

Pourquoi la démocratie ?

Pour répondre à cette question, Nouhoum Sarr a expliqué que la démocratie est un système de gouvernance dans lequel la souveraineté appartient exclusivement au peuple qui la délègue aux Institutions. « La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour peuple », a-t-il rappelé. Selon lui, en tant que processus, elle comporte plusieurs étapes. De ce fait, chaque pays, notamment en Afrique, a son stade d’évolution.

Poursuivant son intervention, il dira qu’il y a des pays qui sont plus avancés sur l’aspect de maîtrise électorale dans la démocratie (le Sénégal) et d’autres sur les questions de la bonne gouvernance et de la transparence, comme le Ghana et le Mozambique. « Des pays comme le nôtre ont développé l’apparence démocratique tout en criminalisant l’Etat à travers la corruption et le népotisme », a-t-il déclaré. Pour être plus clair, il dira que l’ancrage de la démocratie n’est pas le même dans les pays Africains, dont certains sont en avance et d’autres à la traine.

Parlant des avancées de la démocratie, il dira qu’elle a apporté dans notre pays la liberté d’expression et le multipartisme intégral. Mais qu’elle reste à la traine sous son aspect gouvernance transparente et vertueuse.

« Il n’existe pas de meilleur modèle de démocratie, vu que c’est un processus. Ce qui s’est passé aux Etats-Unis, la plus vielle démocratie est bien révélateur où un président battu a refusé de reconnaitre sa défaite. Cela, est inimaginable pour qui connait la solidité de la démocratie américaine », a-t-il témoigné.

Toujours dans la même dynamique, il a précisé qu’il ne croit pas à la refondation, cela revient à dire que rien n’a été fait et sans aucune base. « Nous avons l’une des meilleures constitutions au monde. Il y a eu des efforts durant 61 ans d’existence de notre pays même si la gouvernance démocratique laisse à désirer. Je préfère plus le redressement à la refondation, cela nous permettra de consolider ce qui marche et reprendre ce qui ne marche pas » a-t-il indiqué.

De son coté, Me Mountaga Tall, affirme que la démocratie a apporté la liberté d’expression dans tous les domaines. Pour rappel, selon lui avant, sous le régime de la dictature les gens ne pouvaient pas se réunir pour exprimer leurs pensées. Et ceux qui avaient dit non à la Constitution sont tous partis en prison. Pour lui, la démocratie est fondamentalement juste, mais que ce sont ceux qui géraient le pouvoir qui n’étaient pas justes.

Par ailleurs, il a expliqué que la désobéissance civile est reconnue dans la Constitution malienne en son article 121, comme un recours du peuple lorsqu’il est porté atteinte à la forme républicaine de l’Etat. Selon lui c’est un refus coordonné pour faire le changement.

Cette séance de partage d’expérience, pour expliquer le sens de la démocratie dans le monde entier, particulièrement au Mali, a permis aux étudiants de l’UCAO-UUBa de poser toutes les questions de compréhension sur la démocratie.

Il faut noter que, cette 5ème édition du festival Ciné Droit Libre a répondu à toutes les attentes, en raison du succès engrangé par les différentes activités à son programme à travers la capitale malienne. Au nombre de ces activités on peut noter : des projections de films, des conférences-débats, des jeux, des prestations d’artistes maliens et ceux des pays voisins.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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