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    Insécurité : Le Mali est-t-il entrain de perdre le contrôle de Nara et Banamba ?

    mardi 31 octobre 2017 , par Assane Koné

    Avant 2012, l’on parlait de l’insécurité dans plusieurs régions au nord du pays, sous forme de banditisme résiduel. Mais, depuis la crise de 2012, en plus des régions au nord du pays, le centre du Mali est sous le joug d’une insécurité exceptionnelle. Et, les cercles de Nara et de Banamba n’échappent pas à cet état de fait.

    Les administrateurs, les élus locaux, les enseignants et même des chefs de villages, y ont été contraints à abandonner leur poste. Comme un vent planifié qui souffle du nord vers le sud, l’insécurité est entrain d’élire domicile dans la région Koulikoro, notamment dans les cercles de Banamba et de Nara. Et, à analyser la situation de prêt, l’on pourrait sans risque de se tromper dire, si rien n’est fait dans l’urgence pour rassurer les populations, dire que le Mali est en passe de perdre le contrôle d’une grande partie de la région de Koulikoro, notamment les cercles de Banamba et de Nara.

    L’insécurité en demeure dans la région de Koulikoro

    Aujourd’hui, tout porte à croire que l’insécurité est en passe de s’installer en demeure dans la région de Koulikoro. Contrairement à ceux qui pensent que cette insécurité est « résiduelle », nous disons qu’elle est réelle et permanente dans plusieurs localités des cercles de Banamba et de Nara.

    En réalité, depuis le lundi 7 novembre 2016, le jour où des individus non identifiés, mais sûrement des Djihadistes, ont attaqué la ville de Banamba, le cercle n’a plus connu de répits.

    C’est pratiquement avec un peur au ventre que les citoyens dans ce cercle vaquent à leurs occupations. Et, quand il est question d’aller d’une localité à une autre, certains ont même tendance à se déplacer avec leur linceul. « On ne sait jamais. Le pire peut se produire à tout moment sur nos pistes rurales. Vous n’ignorez pas que nous sommes dans un cercle qui reçoit une partie de la forêt de Ouagadou sur son territoire et à chaque moment, on peut tomber nez à nez avec les Djihadistes », nous a indiqué un agent d’une ONG qui opère dans la localité. Il a ajouté que pour le moment, ils ne s’empennent pas à la population. « Mais, les directions dans lesquelles, on peut les rencontrer sont interdites aux agents de l’Etat », a-t-il précisé.

    Le Sous-préfet de Sébété a élu domicile à Banamba

    Pour preuve, il est aujourd’hui impossible pour un agent de l’Etat malien de s’aventurer au-delà du chef lieu de cercle de Banamba. A la date d’aujourd’hui, le Sous-préfet de Sébété, localité d’environ 4 250 habitants, située à 72 km de Banamba, craignant pour sa vie, a pratiquement élu domicile à Banamba, chef lieu de Cercle.

    A l’instar de Sébété, la commune rurale de Boron, située à la lisière de la forêt de Ouagadou, antre des Djihadistes que certains préfèrent appeler des bandits armés, est aujourd’hui devenue un sens interdit pour des missions officielles de l’Etat malien.

    Selon des témoignages crédibles, il est rare de faire deux jours sans voir des Djihadistes sillonner la Commune rurale de Toubacoro, à peine 16 km de Banamba, à la recherche de boutiques, pour leur approvisionnement en denrées alimentaires ou pour tout autre besoin insatisfait dans la forêt.

    Du côté de Nara, la quiétude n’est pas de mise. Depuis l’attaque de Nara le Samedi 27 juin 2015 par des assaillants qui seraient constitués par des éléments d’une secte fondamentaliste basée dans le centre du Mali, liée à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), il faut dire que la localité de Nara a perdu sa quiétude et sa sérénité. La cité de Hawa Niamé keita vit dans une hantise permanente d’une éventuelle attaque Djihadiste, surtout quand on sait qu’ils ont enregistré d’énormes pertes en vie humaine lors de l’attaque du samedi 27 juin 2015. « On n’a pas dit que les djihadistes ne laissent jamais le corps de leurs compagnons sur un champ de bataille, mais à Nara, ils ont fuit pour laisser de nombreuses victimes », nous a indiqué un enseignant de la localité.

    Qu’à cela ne tienne, à partir de 18 heures, la ville de NARA ferme ses portes d’entrée. « Tous ceux qui veulent se rendre dans cette ville, doivent prendre les dispositions pour y accéder avant 18 heures. Et, passé ce délai, l’accès de la ville est formellement interdit », nous a indiqué le chargé de communication d’un programme d’état qui s’investit dans la gestion des ressources naturelles.

    Aussi, à partir de 22 heures, la ville est sous un couvre feu qui ne dit pas son nom. « Je vous conseille de ne pas sortir à partir de 22 heures. La patrouille mixte commence à cette heure et aucun véhicule, même à deux roues ne doit circuler dans la ville. Tous les noctambules doivent être minus de leur carte d’identité », nous a conseillé le gardien d’une ONG engagée dans le développement à la base dans la localité.

    A Nara, l’armée est sur le qui-vive

    Simplement à la vue du camp militaire de Nara, l’on comprend tout le sérieux de l’armée malienne à défendre cette ville. Mais, comme le cercle de Nara, avec une population de 242 990 habitants, est vaste de 30 000 Km2, avec 11 communes (Allahina, Dabo, Dilly, Dogofry, Fallou, Guénéibe, Guiré, Koronga, Nara, Niamana et Ouagadou), il faut dire que la tâche n’est pas aisée, surtout quand la menacé n’est pas localisée, elle peut surgir à tout moment, là où on s’attend le moins. Et, cela suffit pour installer les populations dans une peur quotidienne.

    C’est dans ce cercle, sur le tronçon Mourdiah-Kaloumba, que le mardi 17 octobre 2017, des individus armés, non identifiés, ont attaqué le véhicule du Chef de la brigade de gendarmerie de Guiré, localité située à 103 km de Nara. Et, depuis le CB est porté disparu. « Son chauffeur, un gendarme a eu la tête fracassée à l’issu d’un combat honorable où il n’avait plus de balles », cela se dit à Nara, sur la base du témoignage d’un berger peulh qui a assisté à la scène.

    Si le danger est permanent dans tout le cercle, il faut dire que le tronçon Mourdiah-Kaloumba, long d’environ 55 km est en passe de se tailler la palme d’or. Ce tronçon traverse le gringalet peulh, une partie de la forêt du Ouagadou, que nous avons présenté plus haut comme l’antre des Djihadistes.

    Le problème est tellement sérieux que le Préfet du cercle ne porte pas de gan pour en parler. « Nous vivons une période d’insécurité ici à Nara et ses environnants. Les attaques sont fréquentes, surtout les jours de foire », nous a indiqué Issoufiana Maïga, Préfet du cercle de Nara.

    Le Sous-préfet de Guiré s’installe à Nara

    A notre passage à Nara, il y a quelques jours, nous avons eu la désagréable surprise de constater que le sous-préfet de Guiré, avait pratiquement élu domicile à Nara, Chef lieu de Cercle. Et, sans doute, la situation sécuritaire dans sa sous-préfecture pourrait expliquer cela.

    Pire, depuis l’embuscade ayant conduit à la disparition du Chef de Brigade de Guiré, aucun agent de l’Etat ne quitte Nara en véhicule sans une escorte militaire. Selon des informations dignes de fois, le même dispositif est mis en œuvre pour assurer une escorte militaire depuis le village Kwala, pour tous les représentants de l’Etat qui quitte Bamako pour Nara.

    Face à cette situation d’insécurité généralisée qui tue à petite dose l’économie, donc le développement, des voix se lèvent dans la population pour demander une intervention musclée des forces de défenses et de sécurité dans la forêt de Ouagadou, connue depuis des années comme le sanctuaire des Djihadistes que certains appellent des bandits armés. « Nous pensons que l’armée malienne doit utiliser ses avions pour nettoyer cette forêt afin que la quiétude revienne dans la localité », est aujourd’hui une revendication forte de la population de Nara.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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