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    Changements climatiques : Les paysans de Banamba découvrent de nouvelles techniques pour une meilleure adaptabilité

    samedi 21 octobre 2017 , par Assane Koné

    « Cette année, avec l’arrêt précoce des pluies, je pourrai faire une récolte satisfaisante sur mes parcelles où j’ai appliqué les techniques de zaï et de la demi lune, comparativement à mes parcelles où j’ai utilisé nos techniques culturales traditionnelles », nous a indiqué Brehima Diaby, paysan à Kiban, à l’issu de la visite de son champ par un groupe journalistes.

    Dans le cadre d’une caravane de presse initiée par le Projet de Gestion des ressources naturelles et Changements climatiques (PGRNCC), des journalistes maliens ont séjourné du 18 au 19 octobre 2017 dans le cercle de Banamba, où 4 communes accueillent les actions du PGRNCC (Boron, Sébété, Kiban et Toubacoro).

    Cinq techniques pour une meilleure production agricole

    « Cette année, nous avons formés un total de 368 paysans, en raison de 35 formés à la technique de zaï, 13 à la technique des demis lune, 122 pour les fosses compostières, 155 à la technique des cordons pierreux, 38 à la maîtrise de la régénération naturelle assistée et 6 paysans à la technique du labour en billon », nous a indiqué Paul Dembélé, Chef du secteur d’Agriculture de Banamba et coordinateur des actions agricoles du PGRNCC dans le cercle de Banamba.

    A l’issue de ces différentes formations, dans les 4 communes du projet, la campagne agricole 2017-2018 a enregistré, environ 4 ha 99 de parcelles de démonstration. « Mais signalons qu’à côté de ces parcelles de démonstration, il y a 57 paysans formés qui ont adopté les 5 techniques, sur une superficie totale de 19, 42 ha », a indiqué Paul Dembélé.

    Brehima Diaby, fait partie des producteurs des 4 communes de Banamba qui ont été formés aux 5 nouvelles techniques que le service d’agriculture doit disséminer auprès des paysans dans le cadre du PGRNCC. Et, c’est à ce paysan que la caravane de presse a rendu visite dans son champ.

    Déjà propriétaire de plusieurs champs dont il évalue les superficies à environ 40 ha, Brehima Diaby a un champ clôturé d’une superficie de 4 ha à la lisière de Kiban. « Ce champ, je l’avait abandonné. Il n’était plus cultivé. Mais cette année, avec les nouvelles techniques qu’ont nous a enseigné, j’ai repris les activités ici », nous a indiqué Brehima Diaby. Avant d’ajouter que ces techniques sont très importantes, parce qu’elles aident les paysans à s’adapter aux changements climatiques.

    « Vous-même vous voyez l’état végétatif des plans de mil. Au moment, où tout devient sec dans les champs environnant, vous voyez que mes pieds de mil dans les demi-lunes sont toujours bien verts. Cela prouve qu’ils bénéficient encore d’une certaine humidité », a-t-il précisé. Mieux, il dira que les épis de mil dans les demi-lunes avoisinent les 500g, lorsque les épis du champ témoins d’à côté atteignent à peine les 100 g. Il s’est aussi félicité de la qualité de ses épis sorgho dans les zaï, comparativement aux épis du champ témoin.

    « Comme vous l’avez observé dans ce champ, le cordon pierreux a bien joué son rôle en freinant la vitesse de ruissèlement des eaux de pluies. La parcelle avec la technique de zaï a bien donné. Mais, les plans sur la parcelle de demi-lunes sont encore verts. Avec l’arrêt précoce de la pluie cette année, vous convenez avec moi que ces techniques ont un avantage comparatif. Et, pour cela, tous les paysans maliens doivent vite les adopter pour augmenter leurs productions », a ajouté Seydou Mahamane Diallo, chef secteur agriculture, chargé de la production.

    Distribution de semences améliorées et de matériel

    En plus de l’enseignement de nouvelles techniques culturales, le PGRNCC met à la disposition des paysans des semences améliorées et les dote de matériel de travail.

    Dans le cadre de la campagne de cette année, Paul Diarra a indiqué qu’ils ont 670 kg de mil (torognou) à la disposition de 309 producteurs dans 175 villages, pour une superficie totale de 83, 25 ha. Quant au sorgho, il a annoncé que ce sont 485 kg qui ont été distribués entre 82 producteurs dans 40 villages, pour 46,75 ha. En ce qui concerne les semences d’arachide, il dira que ce sont 354 kg qui ont été distribués entre 35 producteurs de 13 villages, pour 7,84 ha. Enfin, il indiqué que ce sont 16,5 kg de niébé qui ont été distribués entre 4 producteurs de 3 villages pour 1 ha.

    « Au total, dans les 4 communes où nous sommes intervenus, nous avons distribué 1525,5 kg de sémences entre 427 producteurs de 131 villages, pour une superficie de 138,84 ha », a-t-il résumé. Avant de lever le voile sur la longue liste et la quantité du matériel prévu pour être distribué aux paysans sélectionnés, afin de facilité leur travail.

    Diversification des moyens d’existence

    Partant du principe que si les paysans accédaient à des opportunités économiques variées, cela pourrait réduire la pression d’exploitation des ressources naturelles renouvelable et les aider à s’adapter aux effets des changements climatiques, le PGRNCC a prévu une composante sur la diversification des moyens d’existence qui finance des activités génératrices de revenus (AGR).

    Dans le cercle de Banamba, la mise en œuvre de ce volet a été confiée au Consortium CSPEEDA/Mission Sahel, dans les quatre communes que sont : Boron, Kiban, Sébété et Toubacoro.

    « La mise en œuvre de la composante 3 du PGRNCC dans sa première année a permis le financement de 63 micro-projets pour un montant global de 242 697 025 FCFA », a indiqué Yaya Coulibaly, Chef de mission du Consortium CSPEEDA/Mission Sahel. Avant d’ajouter que la deuxième année de mise en œuvre démarrée en juin 2016, a permis le financement de 42 micro projets, pour un montant global de 257 601 250 FCFA.

    La caravane a rendu visite au périmètre de maraichage de Détou, à quelques encablures de Kiban. Ici, grâce au PGRNCC, 63 femmes et 5 hommes, font une production satisfaisante sur un ha sécurisé par un grillage. Ici, même si les femmes se plaignent des difficultés d’eau, nous estimons qu’elles devaient s’estimer heureuses. En attendant que le projet puisse les équiper avec un forage, conformément à leur souhait, elles vont devoir se contenter de leur château d’eau rempli à partir d’un système de pompage solaire sur un puits profonds de 40 mètres, selon leurs dires.

    « Nous utilisons notre production pour enrichir nos plats que nous cuisinons pour nos familles et nous vendons le reste pour nous occuper de la scolarisation de nos enfants », a indiqué Assetou Diaby, Vice présidente du groupement des femmes « Tiessiry » de Détou. A l’instar des femmes de Détou, celles de Touba Sylla et de Touba Dramé, regroupées dans deux associations exploitent avec beaucoup de bonheur deux périmètres maraichers d’un ha.
    « Dans les 4 communes, nous avons financé des activités de maraichage, transformation du sésame, embouche, aviculture, pisciculture, fabrication d’outils agricoles, arboriculture/plantation fruitière et production de pépinière », a précisé Yaya Coulibaly.

    Périmètres pastoraux et pistes de transhumances délimités

    Dans le cercle de Banamba, le PGRNCC, à travers le service de production et industrie animale, est intervenu dans la délimitation de piste de transhumance à Sébété, Toubacoro et Kiban, sur 50,4 km. Des périmètres pastoraux ont été identifiés, en raison de 17 000 ha pour Boron, 40 000 ha pour Sébété et 14 000 ha pour Toubacoro. « Des forages ont été réalisés dans ces périmètres, mais nous avons le regret que les forages de Sébété et Toubacoro ont été négatifs. Nous allons reprendre la recherche pour d’autres sites qui seront sûrement positifs », nous a indiqué Ténéma Camara, Chef du service de la production et industrie animale. Il a aussi précisé que dans tous les périmètres pastoraux, 100 ha ont été identifiés pour être enrichi en biomasse. « De commun accord avec les élus, il a été décidé d’enrichir 40 ha et de reboiser 60 ha », a-t-il précisé.

    Le PGRNCC a pour objectif d’amplifier l’adoption des pratiques de gestion durable des terres et de l’eau. Il est financé à hauteur de 21 425 926 dollars des Etats Unis, par l’association internationale pour le développement (IDA) à travers la Banque mondiale (12 000 000 $US), par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) (6 574 074 $US), par le Fonds pour les Pays les moins avancées (FPMA) (1 851 852 $US) et par le Gouvernement du Mali (1 000 000 $US). Sa zone d’intervention couvre 14 communes vulnérables situées sur le tracé de la Grande muraille verte au Mali. Dans la région de Kayes, le projet est dans les communes de Guétéma, Yéréré, Gadiaba Kadiel, dans le cercle de de Niono. Dans la région de Koulikoro, les projets intervient dans deux cercles : Banamba et Nara. A Banamba, il est dans les communes de Boron, Sébété, Kiban et Toubacoro. A Nara, le projet intervient dans les communes de Dabo, Dilly, Fallou, Guiré, Koronga, Niamana et Ouagadou.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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