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    Mali-niaiserie/Pouvoir IBK : Quatre ans après l’autopsie d’une trahison

    jeudi 7 septembre 2017 , par Assane Koné

    Face à un terrorisme barbare qui a déclaré la guerre au Mali en tant que nation, Etat et société, et qui frappe quand il veut, où il veut, qui il veut, semant la mort, la désolation, le pouvoir désarme son armée et le cantonne sur son propre territoire.

    En toute impunité les ressources à lui affectées sont systématiquement pillées, les conditions de vie des soldats, au-delà de la profession de foi, sont restées le symbole du dénuement.
    Jamais notre armée n’a été offensive depuis quatre ans elle est restée à la défensive, une position organisée depuis le palais.

    Le pouvoir IBK a volontairement créé l’immobilisme et l’inertie de toutes les dynamiques nationales pour laisser de l’espace aux forces de division et de partition du Mali. Celles-ci sont littéralement financées et choyées depuis le Palais.

    Après quatre ans le Président IBK et son équipe ne font même plus rire les Maliens.
    Il n’y a plus de gouvernance, pas même un semblant de gestion du pays, nous sommes la risée du Sahel et ils continuent, regardez-les, avec leur projet de résolution instituant un régime général de sanctions pour le Mali, ils continuent à vouloir faire rire la planète après avoir fait pleurer le Mali.

    Véritable orchestre de sourds, les membres de l’équipe gouvernementale se font une concurrence sauvage dans la course au ridicule, c’est à celui qui sera le plus drôle, le plus créatif dans la bouffonnerie. Et, de fait, il faut avouer qu’il est difficile de les départager.
    Qui est le plus loufoque ? Le Premier ministre qui reste caché derrière son petit doigt, le Secrétariat Général de la Président de la République devenu une agence familiale de placement, Kassoum Tapo avec sa constitution importée sur commande, Abdelkarim Konaté qui ne veut plus voir de nordiste à la tête de la fédération de football, Ramatoulaye Diallo qui croit que la culture se résume aux défilés de mode, l’Education nationale avec son baccalauréat à double proclamation de résultats… ?

    Que dire de la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale totalement en déphasage avec la nation qu’elle prétend représentée ? L’échec du projet de révision constitutionnelle l’a démontré à suffisance le peuple malien voudrait se libérer de ces élus.

    Que retenir de la Cour constitutionnelle, pressée de prendre ses instructions auprès d’un pouvoir exécutif fabriqué par une junte militaire ? La crédibilité de cette institution restera longtemps écornée tant qu’elle travaillera dans sa composition actuelle.

    On le constate, c’est une véritable conjuration hétéroclite sans audience et sans autorité qu’on appelle encore au Mali, « Etat » que le peuple n’écoute plus, ne respecte plus, et ne manque aucune occasion pour lui administrer une gifle.

    Rappelez-vous le Maouloud 2016 et autres les marches ou meeting en 2017, interdits au nom de l’état d’urgence mais tenus par les populations concernées.

    Le Président de la République est censé être le premier garant de la souveraineté nationale, celui à, qui il incombe le rôle de prémunir la dignité malienne, mais on assiste à une autre réalité plus acre, après quatre ans d’exercice du pouvoir.

    Depuis quatre ans, les discours hypocrites nous font croire que le Mali est libéré de la rébellion et qu’il ne reste que l’emprise djihadiste, on voudrait que l’hypnose du verbe engloutisse la naïveté d’un peuple plus alerte que ses dirigeants.

    De l’absence quasi permanente du Président lui-même du pays, aux scandales multiples de corruption, le Mali gémit sous les flagellations d’un régime qui ne cesse de sucer la substance des citoyens en matière de dignité.

    Aussi, la récente révolte ponctuée par des manifestations de marches et meetings des Maliens a révélé l’omniprésence certaine d’un vide, résulte-t-elle d’une politique rétrograde édifiée sur l’achat de conscience à tous les niveaux pour maintenir la pâmoison populaire.

    Ces évènements qui ont secoué le pays ont sondé la profondeur du déphasage entre la nation et le pouvoir en place, et ont témoigné de l’absence confirmée d’une prise en charge des soucis du peuple.

    Certes, la question de la révision constitutionnelle est considérée juste titre comme étant le déflagrateur de ce réveil citoyen, mais, à y regarder de près, le mépris, le mal-vivre, l’exclusion ont alimenté le courroux des populations.

    Les fausses assurances du pouvoir qui continue d’afficher d’ailleurs son indifférence quant aux besoins de la nation en matière de sécurité et de droit, vont aboutir à une explosion.
    Comment ne pas répondre aux multiples menées des arrogants qui veulent réduire le message des mois de juin et juillet, pourtant intelligible, de cette révolte à un chahut de jeunes désœuvrés ?

    Hésitant entre répression et soumission à la rue, le pouvoir n’a eu sa survie qu’au recours aux forces traditionnelles et religieuses, toute médiation institutionnelle ayant été étouffée, la démocratie par voie de conséquence.

    Il est temps pour les acteurs politiques au premier rang desquels le pouvoir IBK, d’apprendre à trouver les solutions institutionnelles et républicaines aux crises politiques. Car, la crise qui émaille le quotidien malien ne cesse de se muer en catalyse qui ronge notre statut de nation.
    A dire vrai, la responsabilité de cette course à l’abime dont le peuple est la victime n’est imputable qu’aux détenteurs du pouvoir depuis quatre ans.

    Quatre ans d’une histoire comblée d’intrigues politique avec comme moyen l’usage constant des manœuvres qui visent à liquider la volonté d’une jeunesse saine, intègre, compétente, celle qui a planifié en juin-juillet la déroute des arrogants.

    Il reste en cours, une mise en scène pour compromettre ce mouvement dans une contestation conçue et financée de certains de ses composantes par les tenants du pouvoir contre les partenaires de notre pays, par un faux nationalisme travesti et qui se manifeste dans la duplicité d’un discours souterrain, destiné à dévoyer l’opinion nationale en voulant imposer un patriotisme de pacotille et de haine dans l’espoir de consolider le pouvoir clanique et tribaliste en place.

    Cette pratique qu’exerce la ploutocratie malienne procure au pays la qualité d’une forêt où la démocratie signifie la disponibilité des uns à dompter les autres.

    En toisant le narcissisme individuel des tenants du pouvoir, on se rend compte qu’une grave fissure déchire le tissu social, altère les rapports humains pendant que la méfiance s’installe pour devenir une monnaie très rependue entre le composante d’une même nation.

    Il a été maintes fois analysé dans cette chronique le mécanisme par lequel la médiocrité reste la seule condition exigée pour accéder au haut rang de la hiérarchie administrative. Les postes de responsabilité sensibles dotés de prérogatives sont repartis en fonction des obédiences politiques, d’autres selon l’appartenance aux réseaux de corruption, qui permettent de se voir promus aux postes de directeurs après s’être prosternés devant la famille ou les rentiers ethniques. Le mouchardage demeurant une recette efficace pour plaire à cet égard.
    C’est dire plus simplement que le Mali, au 4 septembre 2017, est une nation trahie par son Président, par ses dirigeants.

    Lorsqu’un régime arrive à porter l’Etat à ce stade de ruine, lorsqu’un pouvoir est arrivé à se hisser avec tant d’efforts d’autodestruction dans le mépris de la part du peuple, il est temps pour lui de laisser la place.

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    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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