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    En sursoyant à l’organisation d’un référendum sur la révision constitutionnelle : IBK tombe dans le piège d’une transition en 2018

    lundi 21 août 2017 , par Assane Koné

    Dans une adresse à la nation, le président de la République a décidé de sursoir à l’organisation d’un référendum sur la révision de la constitutionnelle qu’il avait initié pour prendre en compte, dit-on, des dispositions de l’accord d’Alger censé ramener la paix et la sécurité dans notre pays. Si les partisans du non crient déjà victoire, ils vont contraindre IBK en 2018 à former un gouvernement d’union nationale en lui imposant les mêmes conditions pour la non tenue de l’élection présidentielle.

    Dans la nuit du vendredi au samedi, le chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), s’est adressé au peuple malien. Dans son discours, il dit surseoir à l’organisation d’un référendum sur la révision constitutionnelle dont l’objectif visait à doter le Mali d’une nouvelle Constitution. Cette décision sage et courageuse d’IBK est à saluer et sera inscrite dans les annales politiques du Mali.

    Elle préserve, d’une part, la cohésion sociale déjà écorchée par la crise que nous vivons, depuis 2012 et, d’autre part, elle épargne à notre pays les germes d’un classement entre bons Maliens et mauvais maliens qu’on entendait à longueur de journée sur les lieux de manifestations des partisans du non et du oui. Elle n’est ni la victoire d’un camp sur l’autre, mais celle du Mali.

    Depuis l’annonce, vendredi soir, par le président de la République de surseoir à l’organisation d’un référendum sur la révision constitutionnelle, les militants de la Plateforme ont inondé les réseaux sociaux de toutes sortes de messages nauséabondes.

    Si certains parlent de reddition d’IBK, d’autres crient déjà victoire pour se moquer des partisans du oui, eux qui croyaient dur comme fer que le président allait jusqu’au bout sans avoir au préalable consulté les forces vives de la nation dont les avis ont beaucoup pesé dans la balance de l’interruption du processus du référendum.

    Il est important qu’ils sachent que seul le Mali compte dans cette guéguerre entre les oiseaux de même plumage. Ceux- ci, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, ne peuvent plus réinventer la roue de l’histoire pour donner un lendemain meilleur au peuple malien qui souffre dans sa chair et dans sa conscience de leur gestion désastreuse des affaires de l’Etat et de la confiscation de la démocratie souhaitée par les Maliens après le 26 mars 1991.

    Ils sont les principaux acteurs et responsables de la décadence de l’Etat malien qui leur profite en tout point de vue. Ils ont fait appel à des forces d’occupation militaires dans notre pays avec lesquelles ils traitent business (consultants, location de voitures, d’immeubles, de villas, embauche de leurs enfants, etc.). Malgré cette crise et au même moment où l’écrasante majorité des Maliens tirent le diable par la queue, le processus d’enrichissement de ces gens là se poursuit allègrement comme si nous sommes dans un pays où tous les clignotants sont au vert.

    Le président IBK, en sursoyant au référendum jusqu’à la fin du dialogue inclusif et dépassionné qu’il compte engager, s’est pris lui-même dans un piège sans fin. D’abord, il ne devrait pas engager un projet de révision constitutionnelle dans un pays en proie à l’insécurité permanente et qui n’exerce pas, depuis 2012, sa pleine souveraineté sur la région dé Kidal interdite à l’administration malienne par ses amis français qui sont sur le point d’en faire un de leurs protectorats.

    Ensuite, IBK devrait savoir que les dispositions introduites dans la nouvelle Constitution allaient être combattues par les jeunes, fer de lance de la Plateforme « Antè A Bana-Touche pas à ma Constitution » qui ont jugé que le président s’est taillé la tenue d’un souverain. Dans cette guéguerre, l’agenda caché des politiciens de la Plateforme n’est autre que la formation d’un gouvernement d’union nationale, en 2018.

    Sachant bien qu’ils n’aient aucune chance de gagner la présidentielle de l’année prochaine, ils ont récupéré la lutte héroïque des mouvements de jeunes qui ont étaient les premiers à battre le pavé dans les rues de Bamako, la capitale malienne. Ils ont pris la tête du mouvement à travers Mme Sy Kadiatou Sow qui se fait ainsi une santé politique dans une association politisée de la société civile.

    Ils vont brandir les mêmes arguments, en 2018, et IBK sera obligé de leur coopter dans un gouvernement dit d’union nationale. Et ce complot se fera encore sur le dos du peuple malien.

    Yoro SOW
    L’INTER DE BAMAKO

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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