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    Révision constitutionnelle : IBK sursoit à son projet pour changer le fusil d’épaule !

    lundi 21 août 2017 , par Assane Koné

    Vendredi le 18 août 2017, contre toute attente, le président Ibrahim Boubacar Keïta a, tard dans la nuit, annoncé que pour un souci de paix et de concorde nationale, il sursoit à la tenue du référendum de révision de notre Constitution.

    A ce stade de l’évolution du dossier, il est utile de se demander :
    - Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour se décider à apaiser les rancœurs autour d’un projet, loin de faire l’unanimité des Maliens, a indubitablement approfondi le fossé entre le pouvoir et le peuple malien ?
    - IBK a-t-il attendu que les inconditionnels de la révision constitutionnelle soient partis pour le pèlerinage à la Mecque pour annoncer la suspension dudit projet ? Et pourquoi donc ?
    - Au retour de ces derniers du pèlerinage, reprendront-ils toutes les manœuvres pour pousser le président à changer encore de décision ?
    - IBK peut-il envisager de reprendre son projet après avoir repoussé les échéances électorales de 2018 ?
    - Est-ce parce qu’il a senti le danger qu’il courait en refusant d’écouter la voix du peuple malien quant au retrait de son projet qui fait l’objet d’intenses et passionnées polémiques partout au Mali depuis bientôt trois (03) mois ?
    - Qu’est ce qui animait le président IBK en décidant de surseoir à son projet de modification de la Constitution ?
    - A-t-il enfin compris que le projet de révision qu’on lui a présenté ne porte pas sur la Constitution de 1992, mais bien plutôt sur la révision d’un projet de révision de la Constitution que devait tenir ATT mais rejeté par les Maliens parce qu’il y avait urgence d’un changement véritable ?

    En d’autres termes, le coup d’Etat du 22 mars 2012 a annulé de facto le référendum sur la modification de la Constitution approuvée par la quasi-totalité de la classe politique qui s’agite aujourd’hui malheureusement. Certainement, cette race de politiciens loin de s’occuper de l’opportunité de modification de la Constitution travaille simplement à se remettre en selle.

    L’on ne saurait répondre avec assurance à ces interrogations sur le projet de révision de la Constitution par IBK tant il reste établi que l’homme, comme le dirait Ahmed Sékou Touré « est un inconnu connu, et un connu inconnu. » Comme pour dire que l’homme peut dire ce qu’il ne pense pas, penser ce qu’il ne dit pas, dire ce qu’il ne fait pas ou ne pense pas !

    A l’absence de réponses adéquates à ces interrogations, force est de retenir que les rapports de force penchent vraisemblablement du côté de ceux des maliens (ils sont les plus nombreux) qui soutiennent qu’il n’y aura pas de révision de la Constitution pendant que notre pays est en guerre, en insécurité criarde et surtout tant que Kidal est occupé.

    Cette position ne manque pas de bien fondé quand on sait que la révision de la Constitution est non seulement proposée au mauvais moment au regard des termes de la Constitution, mais aussi elle est excessivement coûteuse pour le Mali à un moment où les citoyens meurent de tous les maux au front, sur le plan économique, politique, culturel et sanitaire.

    Dans les faits, le Mali est balkanisé. Ce qui signifie que le Nord échappe progressivement au pays sous la direction et par la faute du président IBK.

    De toutes les façons, personne n’est dupe au Mali. Le président sursoit à son projet de modification de la Constitution mais ne peut y renoncer de lui-même quand on sait que c’est pratiquement par le seul moyen qu’il pourrait rester aux affaires et de mettre au point son projet de construction d’une monarchie constitutionnelle qui ne peut dire son nom au regard de la mission à assigner au fameux Sénat, cette Assemblée bis non seulement budgétivore mais aussi au service d’un homme et de sa famille biologique et politique.

    Au-delà de cette déclaration du président de surseoir au projet de référendum, il faut dire que les acteurs de la scène politique nationale se voient les ombres des mains les uns des autres. C’est bien pourquoi il est aisé de constater que si la fameuse déclaration a fait ‘’tomber’’ la fièvre politique à Bamako, elle n’a toute fois pas disparaître le manque criarde de confiance désormais chronique au sein de la classe politique nationale.

    C’est pourquoi le meeting de la Plateforme « Antè A Bana-Touche pas à ma Constitution » tenu à la Bourse du travail en lieu et place de la grande marche prévue, ce samedi 19 août 2017, a été l’occasion pour les Maliens qui ont fait le déplacement de comprendre qu’il ne faut nullement baisser la garde au risque de se laisser prendre de cours par IBK.

    Audit meeting, il a été retenu que les Maliens restent mobilisés, veillent au grain et décident de se mettre ensemble aussi rapidement chaque fois qu’il sera nécessaire.

    D’autre part, il convient de rappeler qu’à certains moments de la contestation contre le projet de révision de la Constitution des forces historiquement hostiles se sont retrouvées côte à côte pour obliger IBK à laisser tomber son projet irrationnel et inopportun. Mais au fond chaque force a ses ambitions.

    Pendant que les forces vives de la nation, notamment dans leur frange juvénile combattante, se mobilisent pour enfin rien ne soit plus comme avant au Mali, l’autre aile de la contestation engluée dans les manœuvres politiciennes pousse IBK à réunir les conditions d’une transition politique qui nécessitera la formation d’un gouvernement d’union nationale.

    Dans ce cas de figure, ces hommes et ces femmes rompus à la pêche en eau trouble, pourraient se remettre en selle pour continuer à se nourrir du sang des plus démunis. En tout cas, il ne fait l’ombre d’aucun doute que dans l’opposition à la modification de la Constitution, il ya des forces qui travaillent pour le retour à l’ordre ancien dans et par le biais duquel elles auront à boire et à manger sans vergogne aux dépends du peuple travailleur du Mali.

    Notons en passant que c’est justement pour la recherche d’intérêts sordides que ceux qui se font opposants à IBK remuent ciel et terre, les manguiers et les cocotiers, criant ainsi sur tous les toits pour se faire entendre et se faire voir. Sinon il ya fort à parier que ces gens qui ont mis le pays à genou ne décideront jamais de marcher contre la France au risque de se voir retirés leurs beaux passeports pour leurs résidences privées dans tous les pays du capital international. Que faut-il donc comprendre aujourd’hui ?

    Il faut se rendre à l’évidence qu’en déclarant qu’il sursoit à son projet de modification de la Constitution, le président IBK prend du recul pour mieux sauter cette fois-ci avec ses compagnons de la majorité et de l’opposition. C’est bien ce que l’on appelle ‘’changer le fusil d’épaule et poursuivre le même gibier’’.

    Les hommes acquis au changement ont donc le temps (même si le temps presse) pour s’organiser et imposer une recomposition du paysage politique national au bénéfice des masses laborieuses du Mali.

    En tout état de cause, la révision de la Constitution telle que proposée par IBK doit être tout simplement abandonnée pour permettre aux Maliens de faire face à leurs problèmes vitaux comme manger, boire, dormir, se vêtir, se soigner décemment et la question de la partition du territoire national.

    Face à cette question épineuse, la France fait partie du problème et non de sa solution car tant qu’elle restera ici chez nous notre peuple ne connaîtra pas la paix. Le Mali doit construire cette paix à sa mesure par les Maliens et pour les Maliens.

    Fodé KEITA
    L’INTER DE BAMAKO

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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