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    Dantara Touré, Présidente des femmes des partis politiques de l’opposition : « Nous disons non à la codification des dérives »

    lundi 14 août 2017 , par Assane Koné

    « Nous disons non à la codification des dérives. Nous disons également qu’il est incohérent de vouloir adapter notre constitution à un accord largement contesté », la déclaration a été faite par Dantara Touré, Présidente par Intérim des femmes des partis politiques de l’opposition, le samedi 12 août 2017, à la Maison de la presse.}

    « Ce projet qui divise les maliens est une des conséquences de l’amateurisme avec lequel notre pays est géré depuis quatre ans », a rappelé Dantara Touré, Présidente par l’intérim de la plateforme des femmes des partis politiques de l’opposition, lors d’une conférence de presse.

    Le samedi 12 août 2017, s’est tenue une conférence de presse de la plateforme des femmes des partis politiques de l’opposition. C’était à la Maison de la presse. L’objectif est d’informer les militantes et l’opinion publique nationale sur le bien-fondé de l’opposition au projet de révision de la constitution de notre pays ; et d’expliquer aux femmes le contenu du projet de la révision constitutionnelle en langue nationale pour qu’elles soient plus éclairées.

    Cette rencontre avec la presse a été présidée par Dantara Touré, présidente par intérim de la plateforme des femmes des partis politiques de l’opposition, en présence de Boubacar Karamoko Coulibaly, conférencier, Ibrahima N’Diaye, directeur de Cabinet du Chef de File de l’opposition politique, Djimé Kanté, porte parole de la plateforme. Aussi, elle a regroupé les femmes des partis politiques de l’opposition.

    « Ce projet est unilatéral et exclusif »

    Selon la présidente par intérim, si en 1992, il était apparu la nécessité de réviser la constitution, les raisons étaient justifiées : il fallait mettre fin au monopartisme et instaurer un multipartisme intégral pour un Mali démocratique.

    Elle a estimé que le projet actuel n’aurait pas dû être initié parce qu’il contredit l’article 118 de la constitution qui interdit toute révision tant que l’intégrité du territoire national est menacé. Alors qu’à ce jour, plusieurs régions dont Kidal au nord échappent au contrôle de l’autorité de l’Etat. Puis, le centre du Mali est devenu une véritable zone d’insécurité, faisant fuir les populations dont les femmes et les enfants.

    Par ailleurs, elle ajoutera que ce projet de révision renforce les pouvoirs du Président de la République en faisant de lui, un monarque. Ceci s’explique par le fait que dans une démocratie, il doit exister l’équilibre des pouvoirs. Or, avec ce projet auquel, « nous nous opposons en tant que femmes, tous les autres pouvoirs se trouvent piétinés par la seule institution de la Présidence », a déclaré Dantara Touré.

    En effet, c’est lui qui nomme le Président de Cour Constitutionnelle, le tiers des Sénateurs pour ne citer que ceux-là.

    A ce point, elle a expliqué que la création d’un Sénat au Mali, pendant que ses voisins du Sénégal, et de la Mauritanie s’en débarrassent pour des raisons financières, est inopportune. « Comment comprendre que le Mali soit engagé dans cette aventure fâcheuse pendant que ses voisins se débarrassent du Sénat pour son caractère budgétivore », s’est-t-elle intérrogée.

    « Nous pensons aussi que les sommes colossales qui pourraient être destinées au fonctionnement du Sénat, devraient servir à financier des activités de développement, pour les femmes et les jeunes qui semblent être ignorés par le gouvernement en place », a-t-elle lancé.

    D’autre part, selon elle, il apparait clair que le renforcement excessif du pouvoir du Président de la République menace nos libertés chèrement acquises. Et par conséquent, la presse dont le rôle est essentiel dans la vie de notre nation se retrouve muselée, ce qui constitue un recul et une réelle dérive.

    A cet effet, nous disons non à la codification des dérives. Nous disons également qu’il est incohérent de vouloir adapter notre constitution à un accord largement contesté.

    Pour l’intérêt supérieur de la nation, la plateforme des partis politiques de l’opposition fait appel au Président de la République et à son gouvernement afin que ledit projet soit purement et simplement retiré. Aussi à faire preuve d’humilié en retirant purement et simplement ce projet inopportun, tout en engageant les fonds prévus pour le référendum et le fonctionnement du Sénat dans des programmes utiles et performants pour les femmes et les enfants.

    Bintou COULIBALY (stagiaire)

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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