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    Pratique de la médecine libérale au Mali : Les acteurs dénoncent le coût exorbitant de la fiscalité

    mardi 8 août 2017 , par Assane Koné

    L’Association des médecins libéraux du Mali (AMLM) a tenu, le samedi 5 août 2017, une assemblée générale à la Maison des ainés de Bamako. Le thème central retenu pour ce rendez-vous des professionnels du secteur était : « La médecine libérale au Mali, défis et opportunités ». L’objectif de cette rencontre était d’échanger sur les défis auxquels le secteur est confronté et les différentes opportunités qui s’offrent également à lui. De même, il s’agissait aussi de dégager des résolutions idoines permettant aux acteurs d’y faire face.

    L’ouverture des travaux était présidée par le représentant du Ministre de la santé et de l’hygiène publique, le Pr Boukary DIALLO ; en présence du président de l’AMLM, le Dr Bouréima Affo TRAORE ; le doyen des médecins libéraux, le Pr Aly GUINDO ; le président du Conseil national de l’ordre des médecins du Mali (CNOM), Dr Lassana FOFANA, du représentant du syndicat des médecins, Chaka KEÏTA, etc.

    Cette rencontre des médecins libéraux du Mali vise à créer un espace d’échange et de partage d’expérience entre les acteurs sur les défis auxquels le secteur de la médecine libérale est confronté dans le pays.

    Bien qu’il participe à hauteur de 60 % aux prestations sanitaires au Mali, selon une étude de 2010 de la Banque mondiale, ce secteur peine à se développer à cause de nombreux défis. De même, selon les participants à cette rencontre, les médecins libéraux représentent 60% de l’effectif des 6000 médecins au Mali.

    A l’entame de ses propos, le président de l’AMLM, le Dr Bouréima Affo TRAORE, a souligné que s’installer dans le secteur libéral et se maintenir est devenu si difficile dans notre pays à cause des nombreux auxquels ces acteurs font face. Parmi lesquels, il a cité, entre autres : le manque de plan d’accompagnement de l’Etat ; l’absence de financement...

    A cela s’ajoute le manque de formation en gestion d’entreprise ; le coût exorbitant de la fiscalité ; la concurrence déloyale entre confrères, l’exercice illégale de la Médecine libérale et pour finir le manque de plan de carrière.

    Pour faire face à ces goulots d’étranglement, l’AMLM, selon ses responsables, préconise, entre autre : la prise en compte de la Médicine dans le PROCEJ ; la réduction des taux de fiscalité...

    De même, l’AMLMA propose au ministère de la santé et de l’hygiène publique l’application de l’arrêté N° 89-2728 fixant le délai court de traitement des dossiers, la création d’un poste de conseiller spécial du secteur libéral ainsi que la création d’un guichet unique géré par une commission constituée par un membre du CNOM, de l’AMLM et le ministère, etc.

    Pour le Dr TRAORE, nous sommes dans des moments décisifs de l’histoire de la médecine libérale au Mali où après plusieurs décennies de stagnation, de désordre, il est nécessaire de devenir de vrais professionnels et unis afin de relever les défis auxquels est confronté notre secteur libéral. « Nous restons activement attentifs à son évolution et lui apporterons les soutiens nécessaires à son épanouissement et à son efficacité au bénéfice de notre pays », a-t-il dit.

    Avant de terminer, il a tenu à saluer les partenaires et les compagnons de lutte de l’Association, notamment, le MSHP, le syndicat National de la Santé, le SYMEMA, le FESYSAM et les femmes médecins, etc.

    Dans son intervention, le président du Conseil national de l’ordre des médecins du Mali, a indiqué que la participation du secteur libéral est attendue dans la mise en œuvre de la politique nationale de santé, les études et la mise en œuvre adéquate du Partenariat public-privé (PPP). De même, a-t-il précisé, il s’agit aussi de participer à la recherche de solution à la problématique de la formation médicale et de l’emploi des jeunes médecins en chômage, etc.

    C’est pourquoi, Dr Lassana FOFANA, a tenu à saluer les efforts de l’association, qui selon lui, contribue à plus d’un titre à l’amélioration, l’efficacité et la rentabilité de la prise en charge des malades au Mali.

    De son côté, le représentant du ministre de la santé a rappelé que depuis juin 1985 l’Etat malien a autorisé l’exercice privé des professions sanitaires au Mali. Par ailleurs, a-t-il fait savoir, pour s’adapter au contexte et à l’environnement socioprofessionnel et international, une nouvelle loi a été promulguée le 14 juillet 2017 dénommée Loi n°2017-030 portant création de l’ordre des médecins du Mali.

    De son avis, ces nouveaux outils juridiques imposent une amélioration de la qualité des soins au bénéfice des patients.

    Malgré les nombreux défis qui assaillent le secteur, Pr Boukary DIALLO, s’est montré optimiste en raison des nouvelles opportunités qui se présentent dans le secteur. Mais aussi et surtout, l’intérêt des bailleurs de fonds et de l’Etat pour le domaine ainsi que les différentes initiatives en cours dans le cadre du PPP avec la création de l’Alliance du Secteur Privé de la Santé et la perspective de celle du comité du dialogue et de la concertation Public Privé au sein du MSHP. Selon lui, la santé, la sécurité, l’amélioration des conditions de vie, la solidarité sont des facteurs essentiels à l’épanouissement de la population.

    Avant de terminer, il a exprimé l’engagement de son département à traduire en actions concrètes les recommandations pertinentes issues des travaux de cette AG extraordinaire.

    Il convient de noter que l’AMLM regroupe l’ensemble des médecins et odonto-stomatologistes du Mali œuvrant dans le secteur privé du système de Santé de notre pays.

    A l’entame des travaux une minute de silence a été observée à la mémoire de tous les professionnels qui nous ont quittés prématurément.

    Par Zié OUATTARA

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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