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    Reconquête du Nord : La France et les djihadistes du MUJAO appuient la CMA

    jeudi 3 août 2017 , par Assane Koné

    Auréolé de sa victoire contre le Gatia lors des affrontements meurtriers il y a quelques jours dans la région de Kidal, le supplétif de l’armée française (CMA) ne s’est pas contenté d’occuper les positions de son ennemi. Il a progressé vers le sud en prenant Ménaka sans combat. Mais cela avec le soutien de la force Barkhane, des djihadistes et le tout sous haute surveillance de l’aviation allemande. Avec la chute de Ménaka, fief du Groupe autodéfense des Touaregs imghads et alliés (GATIA), le scénario de 2012 guette notre pays à savoir l’occupation des deux-tiers de notre territoire. Et si la partie consciente du peuple malien ne se réveille pas, la partition sera définitive cette fois-ci.

    La chute de la ville de Ménaka et le contrôle d’une bonne partie d’autres localités par les éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) est la première étape du processus de reconquête des régions dans le nord de notre pays, planifié par la France dans le seul dessein de créer un Etat fantoche dans lequel elle exploitera les ressources naturelles à sa guise et à vil prix. Les derniers événements survenus dans la région de Kidal, coupée du reste du Mali par la seule volonté de la France depuis l’opération Serval, doivent interpeller tous les Maliens épris de paix, de justice et soucieux de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale de leur territoire.

    Les affrontements meurtriers qui ont opposé la CMA au Groupe d’autodéfense des Touaregs Imghads et alliés (GATIA) ont tourné en faveur des protégés (CMA) de ladite communauté internationale représentée par la France avec 3 000 hommes basés à Gao. Cette victoire a certainement permis aux narcotrafiquants de libérer la région de Kidal de toute présence des combattants du GATIA qui maintenaient d’ailleurs leur position dans cette zone suite à des menaces des forces d’occupation implantées dans notre pays au nom d’une prétendue lutte contre le terrorisme.

    Ainsi, des accords signés entre le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) entrent dans ce cadre de protection du supplétif de l’armée française qui n’a jamais renoncé à la création de l’Etat de l’Azawad, malgré la signature d’un accord dit d’Alger qui garantit l’intégrité territoriale du Mali dans ses frontières.

    En janvier 2015, la force onusienne, déployée dans notre pays pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, signe un pacte avec le diable, le MNLA, pour arrêter la progression du GATIA qui l’avait auparavant défait. Ils ont mis en place une zone de sécurité temporaire à Tabankort pour stopper la progression du GATIA qui voulait libérer la localité des bandits armés du MNLA, un groupe de bandits formé par Nicolas Sarkozy, l’ancien président français, pour déstabiliser le régime de ATT qui avait refusé de le soutenir dans sa croisade contre Kadhafi.

    C’est suite à cet accord de haute trahison que le 25 janvier 2015, la jeunesse de Gao a organisé une marche pacifique contre la création d’une zone tampon de sécurité à Tabankort. La suite, on la connaît. Elle a été réprimée dans le sang par la MINUSMA.

    Le 17 août de la même année, la MINUSMA s’est opposée à la libération de Kidal, libération dont le GATIA avait fait son cheval de bataille. Elle arrêta la marche de ce groupe armé par la mise en place d’une ceinture de sécurité dans un rayon de 20 km.

    La France et le MUJAO aux côtés de la CMA

    La communauté dite internationale a une grande complicité avec la CMA. Elle s’est de nouveau manifestée ces derniers jours avec la prise de Ménaka par les éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad. La chute du fief du GATIA, vendredi dernier, intervient quelques jours seulement après que ce dernier eut perdu ses positions aux alentours de Kidal.

    Il ne fait l’ombre d’aucun doute que chaque fois que la CMA remporte une victoire, elle bénéficie du soutien occulte de la France qui lui fournit des renseignements sur les positions du camp adverse. Cette fois-ci, en plus du renseignement, les Français ont accepté que les djihadistes prennent part au combat aux côtés de leur « partenaire » pour chasser le GATIA de Ménaka. Et sans risque de se tromper, on peut dire que cette victoire de la CMA dans la région de Gao est la première étape du processus de reconquête des régions qu’elle avait perdues, en 2012.

    Selon des habitants que nous avons joint au téléphone, les éléments du Mouvement de l’unité et du jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), très connus des populations de la zone étaient de la partie. Ils ont prêté main forte aux combattants de la CMA pour encercler la ville de Ménaka. Nos interlocuteurs ajoutent que les premiers ont infiltré la ville en se faisant passer pour des ravitailleurs des boutiques en produits de grande consommation.

    Ces éclaireurs, disent-ils, fournissaient des informations à la colonne de combattants de la CMA qui avait quitté Kidal direction Ménaka. Ils dénoncent de passage l’attitude de la France qui collabore avec les djihadistes en fonction de ses intérêts et aussi chaque fois que son groupe armé est sur le point de perdre le terrain.

    Un des combattants du GATIA déclare : « La CMA, qui a pris position à Ménaka, est bien organisée et mieux armée qu’auparavant ». Selon lui, elle dispose d’un équipement impressionnant. Il n’exclut pas une réorganisation de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) par la France dont les intentions restent très obscures dans la résolution de la crise que traverse le Mali, depuis 2012. Il dit que l’attitude de la force Barkhane est incompréhensible. Elle est toujours restée silencieuse à leur appel chaque fois que son mouvement lui donne des informations précieuses sur les positions des djihadistes dans une zone. ‘’On se demande souvent si c’est au nom de la lutte contre le terrorisme que les militaires étrangers sont là’’, s’interroge notre interlocuteur.

    Le combattant du GATIA est catégorique : « Si les autorités restent les bras croisés face à la montée en puissance de la CMA, elle va reconquérir les territoires qu’elle avait perdus, en 2012 ». Comme on a coutume de dire l’appétit vient en mangeant, il pense qu’avec cette victoire rien ne pourra arrêter la chute des autres régions. Il conclut que la CMA n’a jamais renoncé à la création de son Etat.

    Violation des droits de l’homme dans les zones occupées par la CMA

    Depuis l’encerclement de la ville de Ménaka, la population est partagée entre inquiétude et angoisse. Il est de coutume que la CMA procède à une épuration ethnique dans les zones qu’elle contrôle et à des violations flagrantes des droits de l’homme sans la moindre condamnation de ses parrains occidentaux. Les exemples ne manquent pas.

    En août 2015, la CMA a violé le cessez-le en envoyant ses éléments dans la zone du lac Faguibine, où ils rançonnaient et terrorisaient les populations à Tin-Aicha à 55 km au nord de Goudam. Rebelote. Ils se sont rendus coupables des mêmes exactions à Koïgouma à 50 km au nord de Goudam.

    Le 18 septembre 2015, à Takaloute (Kidal), les sieurs Alhassane Ag Buk, Ibrahima Ag Ikaye et Hamadalamine Ag Mahdi ont été physiquement agressés.

    Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2015, la CMA a séquestré M’Bossi Ag Alhousseni (mort par la suite) et Alhadji Ag Alhader qui est parvenu à s’évader.

    A Aguelhock, le 18 septembre 2015, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a infligé des humiliations et maltraitances à Almoustapha Ag Eljimite, Hamine Ag Issa et Badi Ag Achenawa. Toutes ces victimes de la CMA étaient attachées au Mali.

    Il est temps que les Maliens s’assument devant la France pour libérer notre pays des mains des sangsues et de nos compatriotes traites qui sont prêts à collaborer avec le diable pour assouvir leurs intérêts égoïstes et haïssables.

    La solution est dans les mains du peuple malien. Il suffit d’un sursaut national pour que notre pays retrouve sa quiétude. Les partisans du non et du oui du référendum doivent taire leurs sorties inutiles pour marcher contre la France qui a fait son nom dans la crise malienne.

    Yoro SOW
    L’INTER DE BAMAKO

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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