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    Révision constitutionnelle : Les présidents Alpha Condé, Macky Sall et Robert Mugabe demandent à IBK d’abandonner son projet

    lundi 10 juillet 2017 , par Assane Koné

    Le 29e sommet de l’Union africaine, qui s’est déroulé à Addis-Abeba les 3 et 4 juillet et auquel le chef de l’Etat malien a participé, restera en travers de sa gorge. Le soutien total qu’il attendait de certains de ses amis quant au projet de révision de la Constitution s’est transformé en cauchemar pour lui. Sans détours, ses homologues de la Guinée Conakry, du Sénégal et du Zimbabwe lui auraient demandé de renoncer purement et simplement à son projet de révision constitutionnelle qui ne cesse de diviser ses compatriotes. Il reste à savoir s’il va y renoncer dans la mesure où il a pris l’engagement devant le président français, Emmanuel Macron, qu’il ne retirera pas ledit projet.

    « Je ne retirerai pas le projet. Car rien n’empêche la révision de la Constitution. Ce débat là est totalement superfétatoire ». Cette déclaration fracassante a été tenue par le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) lors de la conférence de presse qu’il a animée avec son homologue français, Emmanuel Macron. Elle mettait ainsi fin aux travaux du sommet extraordinaire du G5 Sahel que la capitale malienne a abrité le 1er juillet. Le thème de cette rencontre à laquelle ont participé les présidents du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, portait sur la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

    IBK, qui a influencé l’Arrêt de la Cour constitutionnelle par cette déclaration, comptait bénéficier du soutien indéfectible du chef de l’Etat français. Mais ce dernier est resté prudent tout au long de la conférence de presse. Il n’a pas voulu donner un quitus au président IBK quant à l’organisation d’un référendum de la nouvelle Constitution dont le projet de loi a été voté le 3 juin par l’Assemblée nationale (111 pour et 35 contre). Macron a laissé entendre que c’est une affaire malienne. Toujours dans sa tentative de convaincre le président français de le soutenir, il est allé jusqu’à menacer ses compatriotes qui ne vont pas marcher dans le même sens que lui ou prendre son train en marche.

    Il s’est exprimé en ces termes : « Dans les jours à venir, je prendrai des sanctions contre…. ». Macron n’ayant pas cédé à son charme de lui apporter son soutien dans son projet de révision constitutionnelle, il lui fait un autre clin d’œil. Il dit que : « Le projet de révision de la Constitution s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. » Cet autre registre n’a pas séduit le chef de l’Etat français à venir en aide à IBK dans sa tentative de faire passer son projet de référendum.

    Le président français tout de même dit à haute et intelligible voix à ce sommet du G5 Sahel : « Il ne sert à rien de continuer à se mentir entre nous parce qu’en le faisant, nous donnons l’occasion aux terroristes de nous détruire. Sans 150 soldats des pays du Sahel ont été tués de février 2017 à maintenant. Soit, ensemble nous faisons le choix de changer les choses, d’être exigeants avec nous-mêmes ou on va perdre contre le fondamentalisme guerrier, les trafics, etc. Je veux des actes et non me cacher derrière des mots. » Ce passage a besoin d’une lecture intelligente pour ceux qui veulent bien voir.

    Déçu par l’indifférence de Emmanuel Macron, le président malien se rend à Addis-Abeba (Ethiopie) où il a participé au 29e sommet de l’Union africaine (UA). Dans la capitale éthiopienne, il comptait avoir l’aval de ses amis dont certains le soutiennent mordicus dans tout ce qu’il veut entreprendre même aux dépens des intérêts de son peuple. Comme ce fut le cas de l’accord d’Alger qui éclate le Mali en entités indépendantes.

    Mais cette fois- ci, la surprise a été désagréable. Les présidents Alpha Condé de la Guinée, Macky Sall du Sénégal, Robert Mugabé du Zimbabwe lui auraient conseillé de renoncer à son projet de révision de la Constitution que la grande majorité des Maliens contestent et manifestent dans les rues des grandes villes du pays pour se faire entendre et dire non à une Constitution qui, à leurs yeux, donne trop de pouvoir au président et fait de lui un monarque.

    On peut simplement dire sans risque de se tromper que nous assistons de plus en plus dans notre pays à des manifestations décentralisées. Autre argument avancé par ses amis présidents, la situation d’incertitude dans laquelle vit le pays depuis 2012. A leurs yeux, selon les coulisses de Addis-Abeba, le Mali est occupé par endroits par des groupes armés (narcotrafiquants, djihadistes…) dont l’essentiel de la troupe est constitué de combattants étrangers.

    Même s’ils ne le disent pas ouvertement, ils font ainsi allusion à l’article 118 de la Constitution du 25 février 1992 qui dispose que « Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. ». Enfin, selon certaines indiscrétions, ils auraient dit à leur pair malien qu’on n’adapte pas un accord à une Constitution, mais celui-ci doit s’adapter à la Loi fondamentale du pays, comme il est aberrant d’adapter le pied à la chaussure.

    Selon des sources concordantes, le président IBK n’a pas apprécié les commentaires de son homologue de la Guinée, son ami et collègue de l’Internationale socialiste. Alpha Condé, sur lequel il voulait s’appuyer en tant que président en exercice de l’UA pour convaincre tous les chefs d’Etat qui ont assisté à la cérémonie de signature de l’accord d’Alger de la nécessité de réviser la Constitution pour la mise en œuvre dudit accord, aurait dit qu’il ne souhaite pas que les Maliens se déchirent à propos de projet de révision constitutionnelle.

    Même si ces partisans crient déjà victoire à la suite de l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle, IBK reste aujourd’hui un président fragilisé et isolé sur le plan international. Il a intérêt à être à l’écoute de son peuple au lieu de s’engager dans un bras de fer dont les conséquences seront fâcheuses pour notre pays qui peine à décoller sur le plan économique. Une sagesse bambara dit : ‘’En toute chose, il faut considérer la fin’’.

    Yoro SOW
    L’INTER DE BAMAKO

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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