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    Commerce de la banane douce au Mali : Un prix équitable oppose les producteurs aux grossistes

    jeudi 13 avril 2017 , par Assane Koné

    « Aucun producteur de banane ne doit plus amener sa production sur le marché pour la vendre. Désormais, le prix bord champ a été fixé à 125 francs CFA le kilogramme. Les producteurs de banane ont décidé d’alimenter un fonds de stabilisation des prix de 10 FCFA à percevoir sur chaque kilogramme vendu. Tous les producteurs ont été conviés à faire le point de leur dette vis-à-vis des grossistes. Et, enfin, il a été décidé de dresser la liste de tous les grossistes dans les bassins de production à travers le pays ». Ce sont-là les nouvelles décisions prises par la Fédération des organisations de producteurs de banane au Mali. Elles étaient le 13 avril 2017 au centre d’une conférence de presse animée par Lansseni Keita et Mamadou Lamine Coulibaly, respectivement Président et secrétaire exécutif de la Fédération des organisations de producteurs de banane du Mali.

    Rien ne va aujourd’hui entre les grossistes et les producteurs de banane. Conscients qu’ils ne bénéficient pas de la plus value de leur travail comme cela se doit, les producteurs de banane ont décidé de secouer le cocotier pour se faire entendre.

    Estimant qu’ils ont été grugés pendant de longues années par les grossistes installés au « Namassa Danga », les producteurs maliens de la banane ont décidé de bander les muscles.

    « Je suis producteur de banane à Samalé. Je prends au moins 8 mois pour produire ma banane. Je la transporte jusqu’au Namassa Danga et le grossiste assis à l’ombre achète mon kilogramme de banane à un prix qui varie entre 40 FCFA et 100 FCFA. Chose grave, il me demande de revenir au bout de 10 jours pour venir prendre mon argent. Mais, avant, s’il est gentil, il me fait un prêt tout juste pour payer le transporteur qui m’a aidé à transporter ma banane de mon champs au point de vente », a indiqué Souleymane Camara, producteur à Samalé.

    Souleymane Camara n’est pas aujourd’hui, le seul producteur de banane au Mali qui est mécontent du comportement des grossistes.

    Selon Mamadou Lamine Coulibaly, secrétaire exécutif de la Fédération des organisations de producteurs de banane, la situation n’est plus tenable et les producteurs ont décidé de mettre fin au diktat des grossistes.

    « Comment vous pouvez comprendre qu’après la production dans les conditions difficiles que vous devez tous imaginer que nous producteurs soyons obligés de transporter nos bananes de nos champs, pour les livrer aux grossistes à Bamako à leur prix », s’est-t-il interrogé. Avant d’indiquer qu’aujourd’hui, il y a un problème dans la commercialisation de la banane produite au Mali.

    « Les grossistes refusent un prix négocié avec les producteurs. Ils continuent de fixer leur prix aux producteurs », a-t-il dénoncé. Avant de rappeler que cette difficulté avait en 2002 poussé les producteurs à une manifestation matérialisée par le refus de la vente de leur banane aux grossistes.

    Selon lui, après plusieurs négociations, certains grossistes avaient décidé d’aller s’approvisionner bord champ. « Mais voilà que depuis quelques jours, ils viennent encore de décider qu’aucun grossiste ne doit aller s’approvisionner bord champ et que ce sont les producteurs qui doivent transporter leur banane pour venir la leur vendre à Bamako. Cette décision a poussé les producteurs de Dioïla à refuser de venir donner leur banane aux grossistes à Bamako à leur prix », a-t-il indiqué.

    Face à cette situation créée à Dioïla, la Fédération a fait une réunion pour informer toutes les zones de production des nouvelles décisions. Ce sont : Aucun producteur de banane ne doit plus amener sa production sur le marché pour la vendre. Désormais, le prix bord champ a été fixé à 125 francs CFA le kilogramme. Les producteurs de banane ont décidé d’alimenter un fonds de stabilisation de 10 FCFA à percevoir sur chaque kilogramme vendu. Tous les producteurs ont été conviés à faire le point de leur dette vis-à-vis des grossistes. Et, enfin, il a été décidé de dresser la liste de tous les grossistes dans les bassins de production à travers le pays.

    « Notre objectif n’est pas d’augmenter le prix de la banane sur le marché, parce que nous la vendons à 40 FCFA, voir 60 ou 75 FCFA le kilogramme et rarement à 100 FCFA, au même moment cette même banane est vendue à 200 FCFA le kilogramme aux détaillants qui la vendent aux consommateurs à 400 FCFA ou 500 FCFA et souvent même à 600 FCFA le kilogramme », a indiqué Mamadou Lamine Traoré. Avant de dire que les grossistes et les détaillants doivent comprendre que le producteur à besoin de vivre aussi. « Parce que s’il n’y a pas de producteurs, on aura pas de grossistes à plus forte raison les détaillants. Il faut instaurer une marge bénéficiaire pour que le système soit gagnant/gagnant pour tous », a-t-il souhaité.

    Il a révélé que les producteurs sont disposés à discuter et à négocier avec qui le veut. « Nous ne sommes pas dans une démarche d’imposer un prix aux grossistes. Mais, nous voulons le partage de la plus value », a-t-il déclaré.

    Mamadou Lamine Coulibaly a indiqué que la Fédération des organisations de producteurs de banane a pour objectif de faire manger une banane par jour et par malien. Pour cela, il dira que leur souhait est d’arriver à la mise en place d’un cadre de concertation permanent avec les grossistes. Selon lui, cela permettra de construire ensemble une dynamique qui va évoluer vers la prise en charge des intérêts de tous les acteurs de la filière.

    Mais, il a tenu à dire que les producteurs ne vont plus prendre la banane pour venir la donner aux grossistes à Bamako. « Il faut que les grossistes acceptent de négocier pour une meilleure répartition de la plus value », a-t-il conclu.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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