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    Yacouba katilé, SG de l’UNTM, à propos de la grève des agents socio-sanitaires : « Cette grève …est légitime, légale, normale »

    jeudi 13 avril 2017 , par Assane Koné

    « Aucune législation au monde ne peut déceler des irrégularités dans cette grève. Les irrégularités, les illégalités se trouvent plutôt dans les attitudes de défis, de contre-vérités des autorités publiques. Quand on a une responsabilité publique, on dépose son ‘’ égos au sortir de sa maison ‘’, pour se mettre au service du peuple, on se garde de propager des contre-vérités ». La déclaration a été faite par Yacouba katilé, Secrétaire général de l’UNTM, lors de la Conférence de presse organisée le 12 avril 2017, sur la gestion des grèves relatives aux revendications des travailleurs de la santé et de l’action sociale. Lisez l’intégralité de la déclaration !

    Mesdames-Mesdemoiselles
    Messieurs de la Presse}

    Le BE.N/UNTM vous renouvelle sa sympathie et son soutien pour l’exaltante mission, de construction des opinions utiles au développement du civisme, de l’esprit patriotique, bref de l’homme Malien. En vous invitant au débat de ce jour, l’UNTM espère qu’à travers micros, cameras et plumes, l’opinion nationale et internationale en apprendra sur la grève de la santé, et sur le rôle de l’UNTM devant ce bouillonnement social.

    Mesdames-Messieurs

    Il faut se souvenir que la grève illimitée de la Santé n’est pas un phénomène spontané. Dès la fin du 12ème Congrès du syndicat national de la Santé et des affaires sociales, des doléances ont été formulées. C’était en 2012.

    Le silence des autorités de la Santé et des services d’Action Sociales, a obligé les camarades à déposer un Préavis de grève.

    A l’issue de la conciliation, des points d’Accord ont été obtenus. Malgré un chronogramme d’exécution détaillé, une commission de suivi, les Ministres des départements concernés non seulement ne répondaient pas aux sollicitations écrites du Bureau National du Syndicat de la Santé, mais également ils refusaient toute audience à ses responsables.

    Même au plus fort du régime dictatorial, des syndicats ont toujours eu des contacts fréquents et directs avec les Ministres.

    Que veut dire notre démocratie, et surtout la démocratie participative qui appelle à des contacts, à des concertations, au dialogue social, si l’on ne se voit pas, si l’on ne discute pas, si négocier, n’est qu’une formalité pour jeter la poudre aux yeux des syndicalistes ?
    La preuve, en 2017, les mêmes doléances sont sans réponse, malgré des grèves interrompues par les syndicalistes suite aux bons offices d’éléments de la société civile.

    Mais au-delà des quêtes pour le progrès social, le Syndicat de la Santé œuvre surtout pour l’amélioration de la politique de Santé nationale, à travers un outillage adapté à l’évolution du monde.

    Donc ne constatant aucune perspective de résolutions des doléances, les travailleuses et travailleurs de la santé, considérant que la priorité des autorités est ailleurs, considérant le démantèlement lent, mais progressif des capacités techniques et professionnelles dans les centres de santé, tous niveaux considérés, ont décidé d’une nouvelle grève illimitée.

    Cela a fait mal à la population ! Mais cela n’a nullement affecté les autorités, quand en réponse à la grève illimitée, elles disent que la fatigue et le découragement aidant, le travail sera repris de lui-même.

    Est-ce ainsi qu’on règle les problèmes professionnels ? Est-ce ainsi qu’on montre qu’on est soucieux de la santé des populations ?

    Cette grève, il faut le dire une fois pour toutes, est légitime, légale, normale.

    Aucune législation au monde ne peut déceler des irrégularités dans cette grève. Les irrégularités, les illégalités se trouvent plutôt dans les attitudes de défis, de contre-vérités des autorités publiques. Quand on a une responsabilité publique, on dépose son « égos au sortir de sa maison, pour se mettre au service du peuple, on se garde de propager des contre-vérités). Tous les syndicalistes savent cela.

    Or, nous apprenons que cette grève illimitée, est une tentative de lutter contre l’œuvre salvatrice de certaines personnes qui agissent contre les vols et les détournements dans les centres de santé. C’est piteux d’entendre cela, de la part des autorités publiques. Non !

    Les textes du préavis de grève, reposent sur des doléances qui sont claires et précises. Les accusations d’irresponsabilités de négligence sont faites par le syndicat. Qu’on les démente, voilà ce à quoi on pouvait s’attendre. Au lieu de cette attitude qui serait responsable, on s’enfonce sans retenue dans des contre-vérités.

    L’UNTM depuis les unions locales, régionales, les syndicats nationaux, même des Centrales et Syndicats non membres, ont tous été déçus par le bas niveau affecté à la grève de la Santé, par les autorités publiques.

    En tant que Secrétaire Général de l’UNTM, j’avoue avoir cru en l’esprit patriotique, en l’esprit de dialogue, en les vertus ancestrales censées être incarnés par chacun de nous, pour traiter des problèmes dans l’honneur et la dignité. Hélas !

    Mais, le syndicalisme a ses règles. Les Lois du pays, les normes internationales, reconnaissent à toutes les organisations, les mêmes droits. Les syndicats de la santé, ont agi dans leurs droits. Nous les en félicitons. L’Etat doit en faire de même.

    Donc nous suivons en tant que UNTM les péripéties de cette grève illimitée, tout en respectant les droits et libertés des travailleuses et travailleurs de la santé. Tant qu’ils auront encore des ressources, des espoirs de négocier, nous les laissons agir. Mais nous ne travaillerons jamais à faire échouer leur action, quelles que soient les peines suscitées.

    Quant au bout de leurs efforts, ils signeront un Procès-verbal de non conciliation, alors et alors seulement, nous prendrons le relais. En le faisant, nous espérons que les pouvoirs publics afficheront toute la disponibilité nécessaire au succès d’une négociation.

    Le contraire serait extrêmement dangereux, très dangereux, et nous n’avons pas besoin de vous dire, ce que signifie « extrêmement dangereux, très dangereux ».

    Un examen des doléances fait apparaître une série de doléances à caractère administratif. Si nos précieux ministres concernés avaient seulement su prendre les textes qu’il faut, il ne resterait à ce jour que d’autres types de revendicatives.

    Quant aux doléances à caractère financier, une analyse sérieuse montrera la modicité des gains par personne, comparés à des primes gracieusement consenties à des élus, à des cadres. Ils ne constituent que des broutilles.

    Pour terminer, les populations souffrent, mais c’est l’entêtement des départements chargés de la santé et des Affaires sociales, à piétiner les travailleuses et travailleurs qui est à l’origine d’un ras-le-bol qui nous encourage les Ministres fautifs, négligents, même irrespectueux à l’égard des travailleurs. Mais les travailleuses et travailleurs aussi souffrent terriblement !

    L’Etat des centres de santé, les prestations de jour en jour élevées qu’il faut assumer, la misère ambiante qui les assaille, le spectacle des manques des insuffisances sont autant de motifs de combat, pour un changement qualitatif dans nos centres de santé, et dans la performance professionnelle du personnel.

    L’Etat à travers trois (03) Ministres laissent perdurer la grève. A-t-il une idée des pertes en vies humaines, des dommages financiers, car les services de santé sont aussi de grands pourvoyeurs de fonds.

    Yacouba KATILE

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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