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    Responsabilité Sociale des exploitants miniers dans la région de Sikasso : Quel impact pour les communautés ?

    mardi 21 mars 2017 , par Assane Koné

    Du 17 au 18 Mars 2017, une délégation de l’ONG Amasbif a effectué une mission, à Fourou et à Kadiolo, dans la région de Sikasso, pour la restitution de deux rapports d’études sur les investissements réalisés par les entreprises minières au profit des communautés et l’analyse des conventions d’établissement conclues entre l’État et les exploitants miniers dans la commune de Fourou et le cercle de Kadiolo. Ces études ont été réalisées entre novembre et décembre 2016 par l’ONG AMASBIF avec l’appui d’oxfam et la coopération suisse du développement.

    La restitution de ces deux études concerne notamment les investissements réalisés par les entreprises minières au profit des communautés au niveau de la commune de Fourou et du cercle de Kadiolo et l’analyse des conventions d’établissement conclues entre l’État et les exploitants miniers. Cette mission de 48 heures a permis aux membres de l’Amasbif de rencontrer les communautés, les autorités administratives et politiques ainsi que les medias locaux.

    A Fourou aussi bien qu’à Kadiolo, les missionnaires de l’Amasbif ont rencontré les medias locaux pour partager avec eux le contenu des deux études en vue d’une meilleure diffusion. Selon plusieurs participants, les échanges ont été fluctueux et enrichissants.

    « L’objectif de notre mission était de mettre en relation les entreprises minières, les élues et les populations pour qu’il y ait un meilleur développement dans les communes et dans les villages. Les participants à Fourou aussi bien qu’à Kadiolo ont été imprégnés de cette démarche », a indiqué Djalakoro Keita, Point focal de l’Amasbif dans la région de Sikasso.

    Mamadou Diakité, Agent à l’Amasbif, chargé de la mise une œuvre du projet la responsabilité sociale des entreprises minières, s’est réjouit du fait que cette concertation sur les conventions conclues entre l’État et les exploitants miniers au bénéfice des communautés vivants sur les sites miniers, a permis de partager le contenu des rapports d’études aux communautés. Aussi, selon lui, Elle fut une occasion de corriger éventuellement certaines insuffisances constatées dans les dits documents en vue d’apporter une amélioration. « Les contributions ont été faites à certains niveaux pour l’amélioration. Nous avons attendu pour faire la restitution des rapports provisoires. Ensuite prévoir sa validation d’ici la fin de ce mois-ci », a-t-il indiqué.

    S’agissant des conventions conclues entre les parties, il dira qu’elles ne sont pas respectées. « Il y a beaucoup d’engagements entre l’Etat et les entreprises minières, mais ils ne sont pas respectés. L’étude de l’impact environnemental de la mine constitue un véritable problème car les mesures n’ont pas été prises pour préserver les zones minières. Cela reflète un manque de suivi de la part de l’Etat car quand on signe un contrat avec une entreprise, on se doit de la contrôler si elle respecte ses engagements », a-t-il constaté.

    « Des fois, les populations sont consultées par la mine sans passer par la mairie. Cela n’est pas en adéquation avec le Programme de développement social, économique et culturel (Pdsec) de la Commune. L’investissement doit être intégrer dans les actions du Pdsec pour que cela soit comptabiliser par la mairie. Et la mairie se charge de veiller sur ces réalisations. Malheureusement, cette logique n’est pas mise en œuvre », a-t-il regretté pour dire que ces investissements sont en déphasage avec le Pdsec de la commune contrairement aux exigences des clauses des codes minier et de la collectivité.

    Koninba Koné, représentant du chef de village de Fourou, a indiqué que les conventions ne sont pas appliquées par ce que leurs attentes ne sont pas prises en compte. « Je ne dis pas que la Somisy S.A n’a rien fait. Mais, nous les villageois ne sommes pas au courant de ses réalisations, à plus fortes raisons de les contrôler. La mairie ne fait pas de restitution sur les investissements réalisés par les entreprises minières », s’est-il insurgé.

    « Nous avons bénéficié de la formation et de l’équipement maraîcher. Nous avons aussi reçu de la société des matériels de teintures et de fabrication de savon. Il y a de cela plus de 12 ans. Grace à ces activités, nous arrivons à nous frotter les mains et subvenir à certains besoins de la famille », a témoigné Fanta Zié Koné, membre de l’Association des femmes du village de Fourou.

    Cependant, elle a déploré l’accès difficile de l’eau potable et l’absence d’électricité dans leur centre. Une préoccupation essentielle largement partagée par plusieurs des intervenants. « Au-delà, des difficultés liées à l’accès à l’eau potable, nous voudrions que la Somisy S.A électrifie notre centre multifonctionnel. Cela peut booster nos activités », a-t-elle souhaité.

    Ousmane Ouattara, Maire de la commune rurale de Fourou, a estimé que la collaboration entre sa commune et l’entreprise minière Somisy est au beau fixe. « Il y a une très bonne collaboration entre la Somisy et la mairie. D’ailleurs, un cadre de concertation a été créé entre la collectivité, les communautés et les sociétés minières chaque mois. A travers cette rencontre, chaque communauté se fait représenter et expose ses difficultés. Mais, souvent la population vaudrait que les réalisations se passent par elles-mêmes sans le Pdsec de la commune. Et cela est anormal », a-t-il avancé.

    Ensuite, il a ajouté que dans le cadre du développement, la société a posé des actes concrets. « La société minière englobe toute la commune et dans tous le sens notamment, l’éducation, santé, hygiène, élevage etc. la société a réalisé plus de 70 forages, 400 salles de classes. A cela s’ajoute le recrutement de certains enseignants, l’appui de 5 Cscom en équipements sanitaires », a-t-il fait savoir.

    Il importe de souligner qu’il y a un déficit de communication entre les élus et les communautés quant aux réalisations faites par les sociétés minières. Pour pallier à cela, les élus ont été interpellés par les agents de l’ONG pour édifier les communautés.

    Moussa Mallé SISSOKO, envoyé Spécial

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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