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    FIFA : Le Mali menacé de suspension ?

    jeudi 9 mars 2017 , par Assane Koné

    La Fifa n’a pas tardé à réagir à la décision du ministre Housseni Amion Guindo de dissoudre la Fédération malienne de Football. La Fifa demande au ministre de revenir sur sa décision avant le 10 mars 2017, au risque d’exposer son pays à une sanction : La suspension du Mali probablement. La Fifa est d’ores et déjà convaincue que « « La décision ministérielle du 8 mars 2017 va à l’encontre d’un de ses principes et sa mise en œuvre constituerait une interférence dans les affaires internes de la FEMAFOOT ».

    En décidant, au motif de la persistance de la crise au sein du football malien de dissoudre l’organe directeur de la fédération malienne de Football, le ministre malien du sport savait pertinemment que sa décision allait être mal perçue du côté de Zurich. Et, était même de nature à exposer le Mali et son football. Mais, pourquoi et comment le ministre Housseni Amion Guindo, un homme politique avisé a pu commettre une telle erreur ? Ou peut être ce n’est pas une erreur, mais plutôt un acte qu’il est prêt à assumer toutes les conséquences.

    Le ministre en décidant de chasser Baba Diarra et son équipe de la tête de la Femafoot (le mot n’est pas fort, car il l’a fait), a voulu installer un comité provisoire, chargé d’organiser, de gérer, d’animer, de promouvoir et de développer le football au Mali jusqu’à l’élection d’un nouveau bureau fédéral.

    Précis dans sa démarche le ministre a même confié un mandat à ce nouveau comité qu’il voulait installer. Selon lui ce comité doit travailler à : réunifier la famille du football ; organiser une assemblée générale élective ; professionnaliser le championnat national, plancher sur le problème d’encadrement de nos équipes nationales.

    Mais c’était sans compter sur l’intransigeance de la FIFA qui a horreur de voir les gouvernements interférer dans la sphère des fédérations nationales de leur pays. Et, ça le ministre devait le savoir plus que tout le monde, parce que entourer de conseillers avertis.

    En tout cas comme, il fallait si attendre la réaction de la FIFA ne s’est pas fait attendre. Fatma Samoura, la secrétaire générale de la FIFA a écrit à Baba Diarra, Président de la Fédération malienne de Football, le 9 mars 2017, pour lui demander « de bien vouloir informer le Ministre et lui indiquer qu’au cas où sa décision ne serait pas annulée à la date de vendredi 10 mars 2017, le cas (le cas du Mali) sera automatiquement soumis au Bureau du Conseil de la FIFA pour considération ».

    Avant cette menace voilée, Fatma Samoura a tenu à rappeler que « selon les articles 14 et 19 des Statuts de la FIFA, toutes les associations membres doivent gérer leurs affaires de façon indépendante. A défaut, et si elles ne sont pas en situation de le faire, elles sont passibles de sanctions de la part de la FIFA, y inclus une possible suspension, même si l’ingérence n’est pas imputable à l’association membre concernée ».

    Mieux, elle dira que « La décision ministérielle du 8 mars 2017 va à l’encontre de ce principe et sa mise en œuvre constituerait une interférence dans les affaires internes de la FEMAFOOT ».

    Avec cette intransigeance de la FIFA, le Ministre Housseni Amion Guindo met son poste en jeu. Aura-t-il le courage et surtout la force de revenir sur sa décision ? Dans le cas contraire, le football malien ne pouvant pas se passer de la FIFA, le ministre devra se démettre ou se faire démettre pour que son successeur revienne sur sa décision pour le bonheur du football malien.

    Avait-il besoin de prendre cette décision inutile de la suspension du bureau de Baba Diarra dont le mandat est presque à terme ? On a l’impression que le ministre a agit pour faire plaisir à quelqu’un tapis quelque part dans l’ombre ou pour une question d’égo. Or on ne dirige pas la chose publique avec le cœur, mais avec la raison.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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