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    Ruée vers l’or en Côte d’Ivoire : des villageois privés d’eau potable accusent les orpailleurs

    jeudi 9 mars 2017 , par Assane Koné

    Cela fait près d’un mois que les habitants de Bianouan, en Côte d’Ivoire, sont privés de leur principale ressource en eau potable, la rivière La Bia. La société de traitement des eaux de la ville a suspendu ses activités depuis que l’eau a pris une étrange couleur marron. Nos Observateurs n’en doutent pas : cette pollution est la conséquence de l’exploitation illégale d’or dans le fleuve.

    Impossible de boire ou de se laver avec l’eau de la rivière La Bia à Bianouan. Les activités de pêches ont également été interrompues depuis près d’un mois et les habitants s’inquiètent. La Sodeci (Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire), qui avait pourtant inauguré une station de traitement de l’eau à Bianouan en août dernier, a cessé ses activités, compliquant l’accès à l’eau potable. Début mars, plusieurs laboratoires ont été commis pour examiner la qualité de l’eau distribuée par la société. En attendant, l’Office national de l’eau potable a mis en place un système de distribution grâce à un camion-citerne qui circule quotidiennement dans la zone.

    "Quand on se lave avec cette eau, cela provoque des démangeaisons"

    Jérome Bassolé habite à Bianouan et a pu prendre une série de photos attestant de la présence de chercheurs d’or clandestins en amont de la rivière. Selon lui, ce sont les principaux responsables de la pollution des eaux.

    Bianouan est à la frontière entre le Ghana et la Côte d’Ivoire. La rivière prend sa source du côté ghanéen et c’est de là-bas que vient le problème : des dizaines de personnes cherchent de l’or dans la rivière, au niveau du village de Dadieso, au Ghana. Je pense que les causes de la pollution sont à chercher de ce côté : quels produits utilisent-ils pour extraire l’or ? Quelles sont les conséquences de leur activité sur la qualité de l’eau ? Nous espérons que les analyses menées par la Sodeci permettront d’en savoir plus.

    "On aperçoit parfois des taches d’huile à la surface de l’eau"

    Ce qui est sûr, c’est que nous faisons face à un haut niveau de pollution. L’eau de notre rivière, dans laquelle nous avions l’habitude de pêcher, nous laver, prendre de l’eau pour faire des lessives… est devenue marron, boueuse. Nous observons ce phénomène depuis bientôt trois mois. On a d’abord pensé qu’il pouvait s’agir d’une conséquence de la sécheresse… Mais la couleur de l’eau est bien trop étrange, d’autant qu’on aperçoit parfois des taches d’huile à la surface de l’eau.

    "Le camion-citerne ne permet pas de satisfaire tout le monde"

    À quelques kilomètres de là où se trouvent les orpailleurs, il y a la Sodeci de Bianouan, qui a actuellement cessé ses activités. Depuis le début du mois de février, la société ne distribue plus d’eau et nous devons attendre le passage du camion-citerne de l’office national d’eau potable. Le problème, c’est que le camion ne permet pas de satisfaire tout le monde. Nous manquons d’eau. Et les activités de la ville sont à l’arrêt : nous ne pouvons plus pêcher, les animaux d’élevage ne peuvent plus aller boire là-bas…

    Mon frère a utilisé l’eau de la rivière pour se brosser les dents. Il a eu l’impression d’une réaction chimique avec le dentifrice. Et quand on se lave avec cette eau, cela provoque aussi des démangeaisons.

    Contactée par France 24, la Sodeci a confirmé que des analyses de l’eau étaient en cours suite à une pollution provoquée par des activités d’orpaillage. Cette recherche artisanale d’or dans les rivières nécessite l’utilisation massive de mercure, qui permet de séparer l’or des alluvions (sable, vase, argile, gravier…).

    Une impunité qui pose question

    De son côté, le sous-préfet de Bianouan Koffi Emile a assuré que les autorités locales faisaient de leur mieux pour gérer la situation. "Nous n’abandonnons pas les habitants" a-t-il expliqué, ajoutant qu’il était régulièrement sur le terrain pour vérifier que le camion-citerne fasse bien "deux rotations par jour pour livrer assez d’eau aux 13 000 habitants de Bianouan".

    Mais d’autres questions restent en suspens, notamment celle de savoir pourquoi ces orpailleurs exploitent cette ressource en eau en toute impunité. Les autorités des deux pays semblent se renvoyer la balle. Plusieurs Observateurs habitant le long de la rivière nous ont fait part de leurs doutes. Pour certains, ce sont les propriétaires terriens ghanéens qui permettent aux orpailleurs d’accéder au fleuve en échange d’argent. Pour d’autres, ce sont les forces de l’ordre qui font preuve de complaisance. En août dernier, le chef du village de Dadieso, du côté ghanéen, avait déjà tiré la sonnette d’alarme, accusant la police de complicité avec les orpailleurs clandestins installés dans la rivière.

    Une ruée vers l’or en Côte d’Ivoire et au Ghana

    En Côte d’Ivoire, la crise du marché du cacao, premier produit d’exportation, a relancé la ruée vers l’or. D’après les autorités, la production industrielle d’or dans le pays a enregistré en 2015 une hausse de 15 % par rapport à 2014, avec 23,5 tonnes d’or extrait. Mais cet important potentiel aurifère est menacé par l’orpaillage clandestin qui ne cesse de prendre de l’ampleur. En juillet dernier, le porte-parole du gouvernement avait annoncé la fermeture de 429 sites d’orpaillage illicites dans le pays.

    Au Ghana, l’un des pays les plus pauvres de la planète, l’or représente 11 % du PIB. En 2013, sur les 119 tonnes d’or produites par le Ghana, approximativement un tiers provenait de mines artisanales selon Human Rights Watch. En juin 2015, l’organisation soulignait également dans un rapport que parmi les orpailleurs, appelés "galampsey" [contraction de "gather them and sell", "récolte-les et vends"] se trouvaient de nombreux enfants.

    http://observers.france24.com/fr
    Jérôme Bassolé
    Article écrit en collaboration avec
    Maëva Poulet

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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