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    Transports, alimentation, super marchés, hôtels : L’argent de la drogue blanchi à Bamako

    lundi 13 février 2017 , par Assane Koné

    La nouvelle race de riches, qui a bâti sa fortune sur le trafic de drogue, est en train de blanchir son argent dans la capitale malienne en investissant dans les transports, alimentations, super marchés et dans la construction des villas de haut standing, des immeubles, des hôtels. Et cela depuis que notre pays est devenu une plaque tournante de la drogue, suite à l’affaire de « Air cocaïne », en 2009.

    En dépit de la crise politico-sécuritaire, née des événements de 2012, qui tire ses origines de la mauvaise gouvernance des délinquants financiers et des apatrides arrivés au pouvoir, le 8 juin 1992 au nom d’une démocratie dépouillée des attentes du peuple malien, le Mali est devenu le terrain de prédilection du trafic de drogue dont l’une des conséquences sur notre société est la grande criminalité et le blanchissement d’argent.
    Il ne fait l’ombre d’aucun doute que les acteurs (civils et militaires) de la crise, ceux qui sont aujourd’hui imposés par la soit disant communauté internationale de trouver une solution au problème qu’ils ont crée de toutes pièces pour s’adonner à leur sport favori, sont fortement impliqués dans le trafic de drogue. Ils sont connus de tous et, malheureusement, ces trafiquants entretiennent, au vu et au su de tous, des rapports cordiaux avec les forces qui seraient venues aider le Mali à se stabiliser.

    Qu’il s’agisse de la force Barkhane et de la MUNISMA. Ces forces impérialistes disent qu’elles sont sur notre sol non pas pour lutter contre le trafic de drogue mais pour croiser le fer avec les terroristes et djihadistes qui menacent la sécurité de leur pays à partir du Mali. Ce qui est archi faux.

    Tout le monde le sait qu’en lançant une opération de lutte contre le trafic de drogue, on coupe la manne financière des terroristes et autres groupes obscurs qui pullulent dans la bande sahélo saharienne contrôlée de fait par l’armée française. Si c’était le cas, pourquoi tant de morts liés aux actes terroristes dans les zones sous contrôle des forces onusiennes et de l’armée française.

    Cette politique de deux poids, deux (02) mesures de ceux qui prétendent ramener la paix au Mali, a donné du poil aux trafiquants de drogue qui ont fini par diviser le nord de notre pays en zones d’influence de transit de drogue. Ils ont tous crée une milice pour la sécurisation des routes et des convois de véhicules bourrés de drogue qui passent sur leur « territoire ». Ce spécialiste des questions sécuritaires et du terrorisme nous dit que ce commerce illicite dans le nord du Mali a permis à des femmes et des hommes de bâtir des fortunes colossales sans être inquiétés par aucune autorité.

    Un autre d’ajouter : « L’argent de la drogue est blanchi à Bamako avec la complicité de tout le monde, y compris les représentants de la communauté internationale. »

    Comment cet argent est-il blanchi ? Notre interlocuteur dit que l’argent issu de la drogue est investi dans les transports, alimentations, super marchés, dans la construction des villas cossues et des hôtels qui poussent comme des champignons dans la cité des Trois Caïmans.

    Il ajoute qu’il y a des quartiers dont la plupart des maisons ont été construites par l’argent de la drogue. Un ressortissant, d’une des régions où transitent des convois de véhicules contenant de la drogue, escortés par des hommes lourdement armés, est critique à l’endroit des autorités maliennes. Il pense que certains hommes de l’administration civile et militaire ont fermé les yeux sur ce trafiquant moyennant quelque chose.

    Selon lui, la richesse des groupes armés qui empêchent les paisibles populations de dormir est le fruit du trafic de drogue et des rançons payées pour la libération des otages occidentaux.

    Difficile de dire le contraire au regard de la richesse de certaines personnes sorties de nulle part et qui tiennent des commerces et des immeubles à location à Bamako et de la transformation de la capitale malienne en marché. Ce qui est sûr, le visage de Bamako a changé avec des fortunes douteuses et aucune norme économique n’explique la richesse de certaines personnes.

    Pour rappel, nous vous proposons certains passages d’un document confidentiel publié, en 2009. « En plus du business juteux des otages, c’est dans le domaine du trafic de drogue que des relations étroites se sont tissées entre représentants de l’appareil de l’Etat, trafiquants et groupes armés. Ce document top secret révèle qu’en 2007, un gang de Touaregs convoyant une cargaison de cocaïne vers l’Egypte ou le Soudan, via le Maroc, s’était fait saisir la marchandise par une bande de la tribu arabe des Bérabich, pendant sa traversée du territoire mauritanien.

    Alors que l’affaire risquait de dégénérer en affrontements tribaux, un commandant de la Sécurité d’Etat (SE) de l’époque a joué le rôle d’intermédiaire entre les deux clans ; obtenant que les Touaregs paient 30 millions de dinars algériens aux Bérabich pour récupérer leur cargaison. Selon la même source, le commandant en question serait intervenu sur instruction expresse du Directeur général de la SE. »

    « C’est en 2009, avec l’affaire ‘’Air Cocaïne’’ que la preuve de l’implication de l’ancien chef de l’Etat, ATT, dans le trafic de drogue, a été établie. Pour preuve, entre novembre 2009 et février 2010, au moins quatre atterrissages en territoire malien, d’avions bourrés de cocaïne, ont été autorisés par Koulouba. Le cas le plus médiatisé fut le Boeing 727 d’Air Cocaïne, calciné à Tarkint, au nord de Gao, après qu’on l’ait débarrassé de son contenu. »

    « Selon ce rapport accablant, en novembre 2009, c’est le maire de Tarkint, Baba Ould Cheick, les officiels de Gao, dont le maire Sadou Diallo, étaient présents pour accueillir les quelques tonnes de cocaïne qui furent toutes déchargées avant qu’on les fit prendre une destination inconnue. Ce Baba Ould Cheick aurait également été présent lors de l’atterrissage d’un avion cargo sur la piste de Méma, près de la localité de Kita, à 76 km de Tombouctou, le 25 janvier 2010.

    Plusieurs tonnes de cocaïne ont été déchargées et il a fallu quatre rotations de six véhicules 4×4 pour transférer la drogue en un lieu non déterminé. Les véhicules auraient été escortés par des hommes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), lourdement armés. »

    « Cet émissaire d’ATT, Baba Ould, a accueilli un autre appareil à Ain In Esseri, prés de Tinzaoutin, le 9 février 2010. Mais le hic est que de tels atterrissages se seraient produits également au sud et à l’ouest du pays. En témoigne cet avion qui a déchargé, le 6 février, quatre (04) tonnes de cocaïne prés de Kayes, en présence de plusieurs responsables locaux et de militaires basés à Nampala ; ces derniers ayant même balisé la piste. Rien n’indique dans le document que ces commis de l’Etat étaient mis au parfum du contenu de l’appareil dont le lieu et les conditions d’atterrissage étaient, quand-même, plus que suspects. »

    « L’acte qui confirme que l’ancien président ATT était un narcotrafiquant de classe mondiale fut sa volonté de faire disparaître les traces du Boeing incendié de Tarkint. Selon ce document, la SE (Sécurité d’Etat) a bouclé la zone pendant trois semaines, après la découverte de l’épave, empêchant l’Autorité nationale de l’aviation civile (ANAC) d’y accéder et interdisant à la brigade des stupéfiants de la police de procéder à une enquête. Une affaire qui en dit long sur les pratiques criminelles qui avaient cours au sommet de l’Etat. »

    « Comme si cela ne suffisait pas, Baba Ould allait encore faire parler de lui peu après, cette fois en tant qu’émissaire d’ATT auprès d’AQMI, afin de faire libérer un otage français, du nom de Pierre Camatte, suite à un chantage de déballage que le Président Sarkozy faisait peser sur les autorités maliennes. Le document n’informe pas sur le niveau d’information de Sarkozy par rapport à ces activités criminelles, encore moins s’il avait ou pas de quelconques intérêts directs ou indirects sur ce trafic de drogue de la dimension du cartel de Medellin.

    La plupart des suspects arrêtés ont été libérés sur ordre d’ATT ; le cas de Mohamed Ould Awainatt, un narcotrafiquant de Gao, en est une parfaite illustration. »

    Ce sont ces mêmes acteurs qui continuent de tirer profit de la déstabilisation de notre pays en s’alliant avec des réseaux mafieux qui ont gagné leur notoriété sur le trafic de drogue.

    Yoro SOW
    L’Inter de Bamako

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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