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    Le parti SADI à propos de la grève des magistrats : « Le gouvernement... est...capable de consacrer un minimum de 3% du budget au... Ministère de la Justice »

    jeudi 26 janvier 2017 , par Assane Koné

    « Le gouvernement malien est bel et bien capable de consacrer un minimum de 3% des ressources budgétaires au fonctionnement du Ministère de la Justice. Ceci permettra d’améliorer les conditions de vie et de travail des magistrats, de recruter 5 fois plus de personnel dans la magistrature qui en a besoin, d’arrêter ainsi l’instrumentalisation de l’institution judiciaire par les politiciens véreux au pouvoir et les milieux financiers occultes et permettre une bonne distribution de la justice au sein du peuple qui n’a que trop souffert de la situation actuelle ». Telle est une prise de position du parti SADI dans une déclaration de soutien sans ambigüité du SAM et du SYLMA dans leur combat pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs militants. Il y déplore le fait que « le Mali ne compte que 570 magistrats, ce qui représente un magistrat pour 30 000 habitants alors que la norme reconnue sur le plan international est d’un magistrat pour 25 habitants. En outre, à la date du 10 octobre, 5 500 maliens croupissent en prison entre 59 maisons d’arrêt et seulement 1 surveillant pour 8 détenus. Bamako détient le record avec 1 500 détenus pour une capacité d’accueil de 400 ». Lisez la déclaration intégrale.

    Déclaration du Parti SADI sur la grève illimitée des Magistrats au Mali

    Depuis le 09 janvier 2017, les magistrats et le personnel de la Justice observent une grève générale illimitée, conséquence du refus obstiné des autorités de respecter leurs engagements vis-à-vis de leurs justes et légitimes revendications. Cette grève est observée par :

    - Deux syndicats de la Justice, à savoir le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) le 23 août 2016 ;
    - Deux syndicats des surveillants de prison à savoir la Section Syndicale SSSP- SYNTADE-UNTM et Section syndicale SYNTAP-CDTM le 31 août 2016 ;
    - Le Syndicat Autonome des Greffiers et Secrétaires des Greffes et Parquets (SYNAG) le 15 septembre 2016 ;
    - La Section Syndicale des Travailleurs de la Justice affilié à la CDTM, le 15 septembre 2016.

    Malheureusement, à ce jour le Gouvernement malien n’a apporté aucune réponse concrète aux différents points de revendication des syndicats discutés avec le Ministre de la justice garde des Sceaux. Pis, le gouvernement a dénoncé ces discussions qui semblaient aboutir sur un accord. Il a répondu par le mépris, la violation des principes démocratiques et les manœuvres dilatoires qui sont la traduction de son hostilité constante envers l’institution judiciaire et les magistrats d’une part, et de l’ensemble des travailleurs du Mali d’autre part.

    Le Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance(SADI) qui a rencontré le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) respectivement le 19 janvier et le 25 janvier 2017 :

    1. Apporte son soutien aux revendications justes et légitimes des syndicats de la justice qui luttent contre la précarité, pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, une meilleure réorganisation territoriale et un fonctionnement efficace de notre justice ;

    2. Rend le Gouvernement responsable de la situation actuelle ;

    3. Rappelle au Gouvernement que la restauration de sa crédibilité politique et institutionnelle passe inévitablement par le respect de ses obligations notamment l’allocation de ressources suffisantes et disponibles pour une saine administration de la justice dans notre pays ;

    4. Souligne que les revendications formulées par les syndicats ne sont pas hors de portée de l’Etat d’autant plus que les ressources financières générées par la Justice s’établissent annuellement à plus de 15 milliards de FCFA, lesquels représentent plus de 0,8% du montant des recettes budgétaires et dépassent les 12 milliards de FCFA alloués chaque année au Département de la justice. Hélas il n’en consacre de nos jours que 0,58% contre 1,5 au Niger et 1,2 au Burkina Faso. Le gouvernement malien est bel et bien capable de consacrer un minimum de 3% des ressources budgétaires au fonctionnement du Ministère de la Justice. Ceci permettra d’améliorer les conditions de vie et de travail des magistrats, de recruter 5 fois plus de personnel dans la magistrature qui en a besoin, d’arrêter ainsi l’instrumentalisation de l’institution judiciaire par les politiciens véreux au pouvoir et les milieux financiers occultes et permettre une bonne distribution de la justice au sein du peuple qui n’a que trop souffert de la situation actuelle.

    Il est impensable que pour toutes catégories confondues, le Mali ne compte que 570 magistrats, ce qui représente un magistrat pour 30 000 habitants alors que la norme reconnue sur le plan international est d’un magistrat pour 25 habitants. En outre, à la date du 10 octobre, 5 500 maliens croupissent en prison entre 59 maisons d’arrêt et seulement 1 surveillant pour 8 détenus. Bamako détient le record avec 1 500 détenus pour une capacité d’accueil de 400. Inutile de dire que cette situation défie toutes les normes d’hygiène, de sécurité et de violations systématiques des droits élémentaires humains.

    5. Rappelle au Gouvernement que son action doit rapprocher la justice aux justiciables ;

    6. Exhorte les magistrats à sortir de leur réserve et à mener une lutte implacable contre la corruption et les détournements de deniers publics qui privent l’Etat et les citoyens de centaines de milliards de FCFA chaque année qui pourront contribuer à résoudre les revendications catégorielles des travailleurs du Mali et renforcer les services sociaux de base.

    Bamako, le 25 janvier 2017

    Pour le Bureau Politique
    Le Président
    Dr Oumar MARIKO
    Député à l’Assemblée Nationale du Mali

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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