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    Exclusif-Tiken Jah : " En 2020, le peuple ivoirien doit être le seul à choisir le successeur de Ouattara "

    mercredi 28 décembre 2016 , par Assane Koné

    Tiken Jah Facoly de son vrai nom, Doumbia Moussa auteur compositeur, producteur, interprète, chanteur de reggae engagé, est née en 1968 à Odiénné en Côte d’Ivoire. Installé depuis 2002 au Mali, l’artiste ivoirien revient, dans cette interview accordée à Afrikipresse à Bamako, sur les raisons qui le poussent à se maintenir au Mali, livre son appréciation de la politique du Président Ouattara, sur RHDP ; et jette un regard sur 2020.

    Quelles sont les raisons qui vous maintiennent au Mali ?

    Je suis venu en exil en 2002. Cet exil il a pris fin officiellement en 2007 avec ma participation à un concert de réconciliation en Côte d’Ivoire organisé par le gouvernement d’alors, dans le but de rentrer dans le processus de paix. Je suis revenu au Mali pour faire mes bagages et me préparer à rentrer. Mais il y a eu un coup d’État et les djihadistes qui ont attaqué dans le nord du Mali. Par solidarité pour les Maliens j’ai décidé de rester encore un peu. De toutes les façons je suis bien intégré ici. Si vous demandez à un Malien, il vous dira que je suis Malien. Je suis resté ici en tant qu’Africain. Mais je vais très souvent en Côte d’Ivoire incognito, j’ai une maison là-bas, j’ai même des projets que je vais développer dans pas longtemps. Les Ivoiriens vont avoir de mes nouvelles très bientôt.

    Peut-on revenir sur les raisons qui vous avaient poussé à venir au Mali ?

    Vous savez, lorsqu’on vous menace de mort, il vaut mieux aller loin pour éviter certaines choses. Pendant la crise il y’a des artistes qui sont morts, notamment Camara H, Marcelin Yacé, et bien d’autres. Je suis parti de la Côte d’Ivoire pour des raisons de sécurité, pour rester en vie. En même temps pour continuer mon combat pour l’Afrique en général, et pour la Côte d’Ivoire en particulier. Si j’étais resté en pleine crise, on ne parlerait plus de Tiken Jah aujourd’hui, parce que la menace était réelle. Je pense que j’ai bien fait de sortir de la Côte d’Ivoire dans ces moments-là.

    Quelle est votre appréciation du paysage politique actuel en Côte d’Ivoire ?

    Je pense que nous sommes lancés dans le processus démocratique aujourd’hui. Les Ivoiriens ont commencé à mûrir politiquement. Ceux qui militent dans les partis politiques n’ont plus envie de rester recroquevillés. Ils veulent s’exprimer ; d’où l’émergence des candidatures indépendantes aux élections législatives. Lorsque les chefs de partis disaient une chose avant, tout le monde se taisait et les respectait ; mais aujourd’hui les gens ont envie de s’exprimer. J’espère que notre Assemblée nationale aura une couleur démocratique, où il y aura des débats houleux, des débats de contradictions dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire. Nous ne voulons plus des parlements à sens unique, c’est mon souhait pour que la démocratie puisse triompher dans mon pays. Nous sommes aujourd’hui presqu’à la fin du règne du président Ouattara. J’espère qu’en 2020, il y aura des élections très ouvertes, inclusives et démocratiques et qu’on pourra laisser tous les potentiels candidats se présenter pour éviter les populations ivoiriennes choisissent. Vous savez, les problèmes qu’on a politiquement en Côte d’ivoire, c’est majoritairement des problèmes de successions depuis la mort du père fondateur. J’espère que l’histoire ne se répétera pas en 2020. Nous avons souffert de ces crises, jusqu’à nous retrouver avec 3000 morts, je dirai même plus, parce que cela a commencé avant la crise avec des manifestants qui ont été assassinés, emprisonnés par ‘’des escadrons de la mort’’. 2020 doit être un départ nouveau pour nous, parce que de toutes les façons le Président Alassane Ouattara a dit qu’il ne se présente plus aux élections.

    Que répondez-vous aux personnes qui affirment que 2020 sera une année de guerre de successions entre les membres du Rhdp ?

    Je pense que la guerre de succession est déjà déclenchée. Pas la peine d’avoir des loupes pour voir cela. Cependant, il faut que nos dirigeants prennent des dispositions pour éviter au peuple les mêmes erreurs des années précédentes. À partir du moment où notre pays a connu une crise à cause justement de ces mêmes guerres de successions, il faut éviter que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il faut alors qu’il y est des élections ouvertes, transparentes, inclusives. Il faut qu’on laisse tous ceux qui veulent être candidats se présenter en 2020 ; qu’on laisse les populations ivoiriennes choisir, et qu’il y ait un premier tour et un 2ème tour. Mon souhait est qu’aucun candidat, si ce n’est pour des raisons administratives ou d’éligibilité, ne soit écarté pour des motifs politiques ou des motifs d’arrangement au sein des partis politiques. Le peuple ivoirien doit être le seul à choisir le successeur du Président Alassane Ouattara.

    Quel bilan pouvez-vous faire du règne d’Alassane Ouattara ?

    Comme je n’ai pas vécu quotidiennement au pays depuis des années, je suis un peu déconnecté des réalités. Mais je sais les ivoiriens et les ivoiriennes se plaignent beaucoup de la cherté de la vie. Je sais aussi que la corruption règne toujours en grand chef ; que le régionalisme et d’autres maux autrefois dénoncés, refont surface. Cependant, je pense qu’il y a un bilan économique assez positif parce que de nombreux investisseurs se battent aujourd’hui pour venir en Côte d’Ivoire. Cela veut dire que le pays a repris sa place dans le concert des nations.

    Que pensez-vous de l’alliance RHDP depuis 2010 qui dirige le pays ?

    Très sincèrement, je ne pense pas que cette alliance ait été très positive dans le plan de travail du Président Alassane Ouattara, parce qu’aujourd’hui, tout ce qui est négatif, que ce soit de son chef ou pas, sera comptabilisé pour son bilan. Pour moi, à un moment donné il faut pouvoir se défaire des alliances qui empêchent de travailler comme on le souhaite. Franchement, c’est mon avis personnel en tant qu’Ivoirien vivant à l’extérieur du pays. Par exemple, moi j’aurai préféré que les ministres ne durent pas autant à leur poste, parce que lorsqu’on est ministre pendant 10, voire 15 ans, on se dit qu’on a plus rien à prouver et cela se ressent sur le peuple.

    À quand votre retour définitif en Côte d’Ivoire ?

    Vous savez, je suis au Mali mais en même temps en Côte d’Ivoire parce que je suis à seulement 1 heure 15 minutes d’Abidjan en avion. De plus mon village natal à Odienné n’est pas loin d’ici. Je fais 4 heures de route en voiture pour m’y rendre. Je participe au développement de mon village même en étant au Mali, parce que je suis aussi agriculteur. De Bamako, je vais au champ à Odiénné pour revenir incognito. Donc je n’attends pas forcément un retour en fanfare en Côte d’ivoire. Il faut aussi avoir le courage de noter que je n’ai pas senti la volonté manifeste des dirigeants d’aujourd’hui de me voir revenir au pays. Ils ont tout mis en œuvre pour faire revenir au pays ceux qui étaient partis bien après moi en exil au Ghana, au Togo, au Bénin ; mais moi personne n’est venu me chercher officiellement. Je n’attends certes pas cela, mais il y a des choses qui peuvent marquer dans la vie, parce que je sais dans quelles conditions je suis arrivé au Mali. Malgré tout la Côte d’Ivoire reste mon pays. Je ferai donc tout ce qui est en mon pouvoir, pour apporter ma modeste contribution à son développement. J’ai beaucoup de projets dans ce sens.

    http://www.afrikipresse.fr/
    Interview réalisée par Ossama Roxane à Bamako

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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