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    Guerre de la CEDEAO pour chasser Yaya Jammeh : Un champ de bataille dans les entrailles du Sénégal

    mardi 27 décembre 2016 , par Assane Koné

    Les pieds de nez de l’histoire et les grimaces de la géographie peuvent être, parfois, cruels, contraignants et coriaces. D’habitude, le théâtre des opérations – sauf dans les guerres civiles – borde ou chevauche les frontières. En Gambie, pays lové dans le ventre du Sénégal, l’ultime recours préconisé par la CEDEAO (l’option militaire) établira le champ de bataille dans l’estomac du Sénégal. Les troupes ouest-africaines seront en configuration de combat sur le territoire du Sénégal, feront mouvement vers la Gambie et se battront (batailles statiques comme guerre de mouvement) dans les espaces imbriqués des deux pays. Résultats navrants découlant des contraintes du terrain sénégambien : les tirs des batteries de l’armée sénégalaise ou ceux des canons de la marine nigériane s’abattront sur des cibles situées en Gambie, tandis que les contre-batteries de l’artillerie de Yaya Jammeh frapperont des objectifs repérés en territoire sénégalais. Bonjour les affres inévitables d’une guerre qui – curieusement – consolide la démocratie mais calcine les démocrates les plus apparentés biologiquement aux Sénégalais : nos frères siamois de Gambie !

    Au chapitre des schémas et des plans, certains « experts » (admirez les guillemets) croient, dur comme fer, que des frappes aériennes simultanément massives et chirurgicales sur Kanilaï et autres sites stratégiques conduiront rapidement le dictateur de Banjul à la capitulation, à l’anéantissement ou à la fuite. Une certitude fondée certainement sur le fatras volumineux de renseignements que fournissent généreusement des opposants impatients, des exilés excités et des espions tantôt sérieux, tantôt doubles et douteux. Or, tout le monde sait que l’adversité politique engendre une vision binaire aux antipodes de la réalité. D’autant que le militaire et chef d’Etat Yaya Jammeh sait la valeur du leurre et de l’intox, comme armes parmi d’autres, en temps de crise, prélude à la guerre. Ne serait-il pas à l’origine de ces tuyaux crevés habilement glissés dans des vases communicants, afin d’influencer et de télé-orienter les choix de Etat-major sénégalais, maitre d’œuvre de l’intervention ? L’information invérifiable et distillée étant que 75% des effectifs de l’armée ont lâché, en silence, Yaya Jammeh. Yaya est-il un tigre en papier ? On ne le saura qu’au milieu du gué. Donc, en peine offensive terrestre. Quand on franchira le Rubicon. Or, le Rubicon est une rivière qu’on ne franchit jamais en sens inverse. Ici, il sera une rivière rouge de sang. Et sans pont.

    D’emblée, taillons en pièces, cette erreur colorée en science ! Une campagne aérienne, c’est-à-dire le « tout-aviation », n’a jamais gagné une guerre. L’infanterie est et reste la reine des batailles. Malgré les B-52 (de véritables forteresses volantes), les fantassins américains ont foulé le sol en Corée et au Vietnam. En Irak, les avions furtifs – quasi-invisibles – et les missiles de croisière n’ont pas suffi pour couler Saddam Hussein. En Libye, l’OTAN a combiné les bombardements aériens avec la révolte armée des citoyens de Benghazi. Une insurrection suscitée et armée par les services secrets occidentaux. Au Nord-Mali, les Mirages de l’armée de l’Air ont appuyé les parachutistes de la Légion Etrangère et les méharistes tchadiens, pour nettoyer la vallée d’Amettetaï qui cisaille le massif montagneux de Kidal. En Gambie, les raids aériens les mieux ajustés seront nécessairement prolongés par des combats de rue et des chocs en dehors des villes. Du reste, les pilotes sénégalais pourraient être vachement gênés par des boucliers humains, c’est-à-dire des populations civiles raflées par la Police du dictateur et cantonnées autour des cibles et des sites névralgiques. Des frappes chirurgicales, sans dégâts collatéraux, relèvent de la quadrature du cercle.

    Assurément, la guerre de Gambie – si Yaya Jammeh se cabre et la CEDEAO cogne – aura lieu et sera émaillée d’aléas. Un saut dans l’inconnu que la qualité des renseignements collectés et analysés par les services de renseignement sénégalais, alliés et amis, peut rendre moins périlleux. Toutefois, le terrain demeure une servitude irréfragable aussi bien pour les planificateurs que pour les exécutants. Et Dieu sait qu’il offre plus d’aspérités que de facilités, malgré sa petitesse ! En effet, la Gambie va de l’Atlantique au Sénégal-Oriental. Donc, un front étiré qui, précisément, étire le danger sur les flancs de sept régions (Fatick, Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor) dans lesquelles il faudra placer des unités en chasse libre, capables d’intercepter puis de pulvériser des commandos gambiens prêts – depuis les localités de Bassé, Kaour, Kountaour, Koyna et Fodécounda – à débouler sur les villes ou villages sénégalais de Koungheul, Guénéto, Wélingara, Manda-Douane, Médina-Yorofoula etc. Non pas pour les conquérir et les contrôler, mais y opérer des carnages démoralisants pour la nation et l’opinion publique. Une façon de soulager Banjul de la pression forte des troupes de la CEDEAO. D’où une éprouvante chasse à courre contre des unités ennemies et intruses, à l’échelle de sept régions. Pendant ce carrousel d’enfer, il va sans dire que les rebelles du MFDC ne seront pas amorphes dans les rizières. Ils tenteront de marcher sur Diouloulou, Saré-Alkaly et Mampalogo, pour desserrer l’étau autour de Yaya Jammeh, en fixant le maximum de soldats sénégalais dans le Fogny.

    Le pire sera encore devant le Sénégal. Car le chef d’Etat Yaya Jammeh – délogé vivant du Palais de Banjul – deviendra un chef de maquis entouré de desperados, cent fois plus nombreux et mieux équipés que les maquisards de Salif Sadio et de César Atoute Badiatte réunis. On ne sera plus dans le cas de figure d’une restauration démocratique postélectorale, on tombera dans le scénario, c’est-à-dire le piège d’une occupation militaire…étrangère. La donne changera radicalement sur le terrain et dans les esprits. La « Principauté » de Kanilaï dans la république de Gambie, se fractionnera en plusieurs sous-Kanilaï éparpillées entre la forêt casamançaise et la forêt gambienne. Une fusion stratégique donnera naissance à quelque chose comme le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance. organiquement lié à un machin comme le Front de Défense de la Gambie : MFDC-FDG. Le cancer gambien mal soigné par l’option militaire de la CEDEAO, culminera avec ses métastases les plus préjudiciables à la stabilité et à la sécurité dans la sous-région.

    En définitive, le recours à la force militaire est une partie de poker qui catapulte la Gambie à la croisée des chemins : l’âge d’or de la démocratie ou les affres d’une orgie de violences. Politiquement, les observateurs les plus froids entrevoient un coûteux succès en demi-teinte, à travers une alternance (aux forceps) qui installe le vainqueur légitime Adama Barrow au sommet de l’Etat… et à l’ombre des engins d’une coalition militaire. Un nouveau Président qui, malgré l’onction limpide du suffrage universel, trainera le péché originel du coup de pouce militaire du voisin sénégalais – du vautour sénégalais comme diraient certains Gambiens – couvert du manteau de la CEDEAO. Ainsi, les germes d’une révolte nationaliste voire chauvine sont ensemencés sur une terre labourée par les roues des blindés et les chenilles des chars venus d’ailleurs. Que Macky Sall et ses pairs ouest-africains entendent et matérialisent la sublime leçon du stratège chinois Sun Tzu : « L’art militaire suprême de la guerre, c’est soumettre l’ennemi sans combat ». Est-il trop tard ?

    PS : Une ombre plane sur l’agenda, à court et moyen terme, de la CEDEAO en Gambie. Il s’agit de l’état de santé très chancelant du Président Muhamed Buhari du Nigeria. Sa maladie corrélée par un affaiblissement continu est évoquée et surveillée par les officines de renseignement et quelques gouvernements occidentaux qui se demandent si le Président nigérian terminera son mandat. Un médiateur malade auprès d’un leader déchu et débile. D’où l’urgence de vider vite et bien (sans fautes fatales) l’abcès gambien.

    Par Babacar Justin Ndiaye
    http://www.dakaractu.com/

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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