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    Radicalisation religieuse : Les causes du basculement des jeunes

    jeudi 1er décembre 2016 , par Assane Koné

    Dans le cadre de la 2ème édition du colloque international des Ecrivains, Journalistes et Communicateurs traditionnels, les panélistes se sont prononcés sur les répercussions des formes d’extrémisme violent sur la cohésion sociale, les accords de paix et la culture de la paix. Ces présentations ont permis aux intervenants de dégager les causes qui poussent les jeunes à basculer dans la radicalisation religieuse, la violence ou la délinquance.

    Le mercredi 30 novembre 2016 à l’hôtel Massaley, les débats ont portés sur les répercussions des formes d’extrémisme violent sur la cohésion sociale. A travers leurs présentations, les panélistes ont éclairé la lanterne du public.

    Alors que l’attention autour des dynamiques de l’extrémisme violent et de la radicalisation grandit en Afrique de l’Ouest, la compréhension actuelle et l’approche sécuritaire dominante ne permettent pas de saisir toute la complexité du phénomène. Ainsi, les réponses développées au cours d’un débat fructueux autour de la question peuvent révéler également la nécessité d’une approche s’inscrivant dans la dynamique d’améliorer les réponses de développement et combattre les crises de société.

    En effet, la radicalisation religieuse de la jeunesse est une forme d’engagement moderne en faveur d’une cause considérée comme juste par les jeunes qui sont convaincus de cette idéologie.

    Cecilia Balcazar, écrivain et universitaire de Colombie, est convaincue que la solution se trouve dans la transformation de l’être humain intérieurement. Car, selon elle, on ne peut pas avoir la paix à l’extérieur si on ne l’a pas à l’intérieure de soi-même.

    Elle a aussi parcouru les accords entre la guérilla des Farc et L’Etat colombien. Selon elle, l’accord de 2016 a vu l’organisation d’un référendum organisé pour ratifier l’accord de paix final avec les Farc et l’Etat colombien et a décidé de faire une décentralisation administrative. « Nous avons eu une nouvelle constitution en 1991 et le Mali en 1992, nous avons peut être des leçons à partager. »

    S’agissant du système éducatif et des outils éducatifs pour soustraire les enfants et les jeunes aux périls de la radicalisation, Mme Barama Koné, Professeur à la faculté des sciences juridiques et politiques a pointé du doigt l’effritement de l’éducation familiale et le taux élevé du chômage, l’état n’est pas en mesure d’offrir un emploi à tous les sortant de l’université et des écoles de formation. A cela, elle a ajouté la disparition de nos valeurs sociétales. « Une seule graine pourrie peut entamer tout le sac », pour ainsi dire qu’une mauvaise fréquentation peut avoir de l’influence négative sur l’enfant. Les tentations de la radicalisation sont nombreuses. C’est pour pourquoi, les parents doivent veiller sur les jeunes bien qu’ils soient même à l’université. Elle demande aux uns et autres de retourner en arrière, c’est-a- dire à la source, en vue d’une refondation de base de la société.

    Bruno DOTI, Historien et Ecrivain burkinabé, dans sa communication sur la poussée de l’intégrisme, une faillite de l’institution familiale, dira que le fait que la famille ne joue plus son rôle d’instruction et d’histoire, favorise la déperdition des jeunes. « Combien de jeunes générations en Afrique peuvent remonter à leur histoire ? Il va de soi que celui qui ne sait connait pas, il lui ait difficile d’avoir la paix du cœur. Parce que quand on connait ce que les générations passées ont créé pour aider le monde à s’émanciper, on n’aura pas assez de problème à accepter ou à dialoguer avec autrui. Beaucoup de jeunes sont violents parce qu’ils n’ont pas reçu de l’amour et de l’affection parentale au départ », a-t-il estimé.

    « Les Etats africains devraient décider à dégager une politique de la famille pour protéger la famille africaine contre les agressions de l’extérieur. Il y a beaucoup de textes ratifiés par nos dirigeants qui compromettent nos familles. Alors que la famille est sacrée, elle est au début, au milieu et à la fin », a-t-il suggéré.

    Moussa Mallé SISSOKO

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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