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    Le drone piégé "fait maison", nouvelle arme de Daech

    mardi 22 novembre 2016 , par Assane Koné

    Le groupe djihadiste s’est approprié les drones télécommandés, voire en fabrique lui-même, pour les charger d’explosifs et commettre des attaques. Faut-il en avoir peur ?

    Mossoul, ville au nord de l’Irak, est le théâtre depuis plus d’un mois de violents affrontements entre les forces irakiennes et le groupe Etat islamique (dit "Daech"). Et pour défendre leurs derniers fiefs, les djihadistes se dotent d’une nouvelle arme : le drone explosif.

    La semaine dernière, un petit drone télécommandé a survolé les forces irakiennes à Mossoul, avant de lâcher une grenade à fragmentation, rapporte l’AFP. Cette dernière a explosé en touchant le toit du bâtiment où s’étaient refugiés les soldats.

    Pas de blessé. Mais cette attaque témoigne de l’intérêt grandissant de Daech pour les drones armés. "Nous avons recensé trois incidents" de ce type, a indiqué à l’agence le lieutenant-colonel Hussein Moayyad. Un atelier de confection de drones a même été découvert dans la ville, comme l’illustre un reportage de la BBC :

    Faut-il voir dans ces drones "fait maison" et qui transportent des explosifs, un nouveau risque d’attentat pour la France ?

    "Daech développe une forme de drone armé"

    L’utilisation des drones par l’EI remonte à début 2014. L’organisation djihadiste filme sa propagande avec des appareils volants télécommandés, de type DJI Phantom, qui s’achètent librement à la Fnac ou sur Amazon. L’objet devient ensuite tactique, et se voit utilisé comme outil de reconnaissance, permettant de visualiser l’avancée des militaires. Voire de régler l’artillerie.

    C’est fin 2015 que germe l’idée de l’utiliser comme arme. En novembre 2015, les services de renseignements français interceptent des conversations des djihadistes : les drones y sont évoqués comme "outils" dans la préparation d’attaques terroristes, s’inspirant de l’utilisation faite par le Hezbollah depuis 2004.

    En février dernier, les experts de l’ONG Conflict Armament Research (CAR) ont découvert un premier atelier de confection au cœur de Ramadi (à 120 km de Bagdad). Ils y ont déniché un fuselage en contre-plaqué de 75cm de long sur 60cm de large, des ailes en mousse de polystyrène extrudé (utilisée dans les panneaux isolants), des caméras et des capteurs gyroscopes permettant de contrôler l’appareil en vol. En somme, tous les éléments nécessaires à la confection d’un drone, si ce n’est le système de propulsion.

    Le tout accompagné d’une charge explosive de 370g, extraite d’un missile sol-air. Composée à 74% de RDX (l’un des explosifs militaires les plus puissants), cette charge "suggère que les forces de Daech tentent de développer une forme de drone armé", résume alors le CAR dans un rapport.

    "Construire un petit drone de ce type n’est vraiment pas compliqué, on trouve tous les éléments dans le commerce ou sur internet", souligne à "l’Obs" Michel Polacco, auteur de "Drones : l’aviation de demain ?" (Privat, 2014).

    "Plus l’apanage des puissants"

    Si Daech tâtonnait alors à attacher sa charge explosive à son drone "fait maison", le groupe a semble-t-il trouvé la solution. En octobre, à Erbil (nord de l’Irak), des soldats irakiens ont ramassé au sol un drone construit en polystyrène, avant de le ramener à leur camp militaire. Alors qu’ils le photographiaient, un explosif dissimulé dans la batterie et déclenché par minuteur a explosé, tuant deux combattants kurdes et blessant deux soldats français.

    Début novembre, un journaliste de la BBC a publié la photographie d’un drone artisanal fabriqué par le groupe, et abattu à Mossoul par l’armée irakienne.

    On ne sait pas s’il embarquait un explosif, mais il marque le recours de plus en plus fréquent à des drones "faits maison" sur les terrains de conflits. "L’utilisation des drones par les terroristes est un sujet de préoccupation internationale grandissant", insiste James Bevan, directeur du Conflict Armament Research. "Leur capacité à armer désormais ces petits appareils souligne l’extension de l’arsenal de l’EI en engins improvisés."

    Un expert du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), interrogé par "l’Obs", résume : "Le drone est un peu le missile de croisière du pauvre. C’est devenu super facile à fabriquer, pour peu cher, et cela permet d’emmener des engins explosifs sans avoir besoin de kamikaze."

    Depuis un peu plus de dix ans, l’armée américaine emploie sans contrainte ni limite des drones militaires pour mener des conflits télécommandés depuis des containers, modifiant "la guerre [devenue] absolument unilatérale", selon l’analyse philosophe Grégoire Chamayou dans "La Théorie du drone".

    Un constat valable jusqu’à la démocratisation récente de ces appareils. Car, souligne à "l’Obs" Vincent Desportes, général de division et professeur à Science-Po : "Comme toute technologie guerrière, le drone est passé du statut d’arme qui change la donne à arme qui se retourne contre ses apôtres. Devenu abordable, le drone n’est plus l’apanage des puissants."

    Une "faible capacité de destruction"

    Néanmoins, même si Daech multiplie la confection de drones, "cela ne changera pas le rapport de force sur les terrains de conflit", insiste Vincent Desportes. "Les appareils demeurent petits et ne peuvent transporter que peu d’explosifs, disposant d’une capacité de destruction faible."

    En effet, les petits drones achetés dans le commerce, ou artisanaux, ne peuvent porter que quelques centaines de grammes d’explosifs, pas suffisamment pour représenter une réelle menace sur le plan militaire. Le colonel John Dorrian, porte-parole militaire de la coalition internationale en Irak, a d’ailleurs indiqué que les drones de l’EI ne représentent pas "une menace existentielle [et] n’ont pas d’impact stratégique". Les drones piégés peuvent néanmoins impacter le mental des militaires présents puisqu’ils peuvent attaquer partout et n’importe quand.

    Les Etats-Unis ont pris la menace au sérieux et créé une cellule "anti-drone de Daech" au sein du département de la Défense. Mais celle-ci est surtout destinée à prévenir un attentat au drone... sur le sol américain. Le Combatting Terrorism Center de l’académie militaire de West Point s’est fendu en octobre d’un rapport détaillé sur le sujet. On y trouve la liste des différents types d’attentats par drone, depuis l’explosif jusqu’à la dispersion d’agents chimiques, afin d’envisager les contre-mesures. Un moyen d’évaluer la menace pour les Etats-Unis, comme pour les pays de la coalition (dont la France). Avant de conclure : "Actuellement, l’utilisation d’un drone armé par des terroristes demeure une menace ’de niche’, et doit être comprise comme présentant une probabilité modérée et une menace faible à modérée en termes de létalité."

    "Horriblement compliqué de stopper un drone"

    Un point sur lequel insistent également différents experts contactés. "Il est plus que possible qu’un attentat soit commis à l’aide d’un drone en France", estime Vincent Desportes. "Mais cela n’aura pas l’envergure des attaques de Paris ou de Nice." Encore une fois, à cause de la faible quantité d’explosifs transportés. Pour réaliser une attaque massive, il faudrait coordonner plusieurs drones armés et sur ce point, le militaire est catégorique : "Cela demanderait une coordination dont n’est pas capable Daech en France. Cela demanderait aussi une logistique importante, qui pointerait les auteurs aux yeux des services de renseignement. Enfin, la mise à feu est compliquée et ces capacités d’artificiers sont bien plus rares à Paris qu’à Mossoul."

    Au-delà de la problématique militaire, Michel Polacco souligne que "finalement, pour commettre un attentat, il y a plus simple avec un tas de trucs qui ne volent pas".

    En revanche, il demeurera toujours possible de commettre un attentat médiatique en envoyant un drone explosif au pied d’une personnalité ciblée ou au milieu d’une foule qui défile, jouant alors de l’effet psychologique de la terreur. "On ne peut pas faire grand-chose", constate auprès de LCI Jean-Vincent Brisset, général de brigade aérienne : "Il est horriblement compliqué de stopper un drone qui, par exemple, chercherait à s’attaquer à un responsable politique en plein discours."

    Les contre-mesures françaises

    Le gouvernement français se prépare à l’éventualité d’une telle attaque et s’entraîne à les stopper. Depuis les mystérieux survols de centrales nucléaires et de lieux sensibles à Paris, le SGDSN s’emploie avec les entreprises françaises à développer des contre-mesures technologiques. L’objectif étant de pouvoir rapidement détecter l’arrivée d’un drone et le neutraliser, essentiellement par des techniques de brouillages qui vont interrompre la liaison de l’appareil avec le pilote pour le forcer à atterrir.

    "Ces contre-mesures ont déjà été déployés à l’occasion de l’Euro de football", pointe l’expert du SGDSN. "Ces solutions sont encore assez volumineuses, et donc plutôt déployées lors d’événements ponctuels ou en permanence sur des lieux sensibles particuliers, dont je ne peux pas vous donner le détail pour des raisons de sécurité."

    Avant de conclure : "Mais il ne faut pas oublier que la menace reste relative sur le territoire national."

    B.M.
    http://www.msn.com/fr-fr/actualite/...

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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