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    Exploitation sexuelle des jeunes filles : La nécessaire implication des leaders communautaires et religieux

    lundi 14 novembre 2016 , par Assane Koné

    Le RECOTRADE (Réseau des communicateurs traditionnel) en partenariat avec l’Association « Mettre fin à la prostitution, à la pornographie et à la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle (ECPAT Luxembourg) », a organisé, hier jeudi, une journée d’information et de sensibilisation au foyer des jeunes de la commune IV.

    Les travaux de cette journée, dont l’ouverture était présidée par le cinquième adjoint au maire de la commune IV, Issa SIDIBE, ont regroupé, le coordinateur des chefs de quartier de la commune IV, les chefs de quartier, des leaders religieux (chrétien et musulman), le secrétaire exécutif du RECOTRADE, Sékou DEMBELE.

    A l’ouverture des travaux, le présentant de l’ECPAT Luxembourg, Boubacar MAÏGA, a souligné qu’en vue de défendre les intérêts et les droits des enfants, son association a mis en place plusieurs dispositifs pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) dans les pays en développement.

    Pour ce faire, ECPAT Luxembourg au Mali a initié un projet de 4 ans (2015-2018) d’un montant de 955 926 Euros, soit 630 911 160 FCFA dans le district de Bamako et les régions de Ségou, Sikasso et Mopti pour l’éradication de cette pratique. Les enfants bénéficiaires du projet sont les adolescentes et jeunes filles en situation de rue à risque, les filles victimes d’exploitation sexuelle, les enfants des Centres d’écoute communautaires, les enfants pairs éducateurs, le parlement des enfants, les enfants de l’Association pour la Promotion des Jeunes et Enfants communicateurs, etc.

    Par ce projet, ECPAT Luxembourg et ses partenaires visent, d’une part, à prévenir les risques d’exploitation sexuelle des enfants, par des actions de sensibilisation auprès des enfants, des familles et des communautés du Mali, et d’autre part, à prendre en charge les enfants victimes d’exploitation sexuelle pour le rétablissement de leur bien-être.

    De son côté, le secrétaire exécutif du RECOTRADE, Sékou DEMBELE, a souligné qu’il nous appartient, en tant que parents, leaders communautaires, société civile de jouer notre rôle de responsabilité pour protéger les enfants contre cette pratique qui détruit.

    En effet, malgré d’énormes dispositifs mis en place par des conventions et traités internationaux, force est de constater avec ECPAT Luxembourg que ces victimes demeurent invisibles, non entendues, non prises en charge.

    Une étude quantitative et qualitative réalisée par ECPAT Luxembourg au Mali en mars 2013, dans les localités de Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti et le district de Bamako, montre que 28,3 % soit 417 enfants sur 1472 enfants de l’échantillon (enfants vulnérables) ont été victimes de prostitution et de traite à des fins sexuelles. Plus de 90 % de ces victimes sont des filles. Des filles, principalement dans la tranche d’âge de 12 à 15 ans, sont abusées sexuellement en échange d’une protection, d’un bien matériel ou tout simplement d’argent, un billet de 1 000 CFA, soit 1, 45 € est le prix d’un abus sexuel.

    L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales se définit comme l’abus sexuel d’un enfant par un adulte en échange d’une rémunération en argent ou en nature payée à l’enfant ou à une tierce personne.

    Elle constitue une forme de violence contre les enfants et une pratique criminelle qui viole des droits de l’enfant. Un enfant correspond à toute personne âgée de moins de 18 à ans tel que défini par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CDE).

    Les auteurs de crimes sexuels utilisent souvent la force, la tromperie et la violence pour contrôler et manipuler l’enfant dans le but de l’exploiter.

    Par Zié OUATTARA

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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