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    NARCOTRAFIC : Mali, carrefour de la drogue

    lundi 14 novembre 2016 , par Assane Koné

    A plusieurs reprises, les trafiquants (les petites mains) sont arrêtés dans les pays de transit. Ainsi, une saisie importante de cocaïne (116kg) a été faite par la douane malienne dans un véhicule commercial allant de la Guinée Conakry au Mali (Geopolitical Drugs Watch ,2008). D’autres trafiquants n’hésitent pas à utiliser les filières nigérianes pour acheminer discrètement la drogue vers l’Europe.

    La raison pour laquelle le Mali est un point de passage préféré à des points côtiers plus accessibles émane de plusieurs raisons :

    - faible densité : vaste territoire incontrôlé et un climat aride ;
    - peu de forces de police et de sécurité spécialisées (manque d’investigations fiables, manque de moyens humains et matériels) ;
    - corruption omniprésente ;
    - absence de fichiers nationaux ;
    - faiblesse du système judiciaire ;
    - généralisation des zones de non-droit ;
    - fort développement des activités criminelles : recours croissant des groupes terroristes et de la rébellion aux activités criminelles pour se financer (prises d’otages, trafics).

    Malgré ces insuffisances, de nombreux trafiquants (surtout nigérians et ghanéens) sont régulièrement appréhendés par les services de la douane et par les forces de sécurité. Si la riposte de la douane malienne n’est pas à la hauteur de la montée du trafic, c’est à cause de nombreux réseaux parallèles alimentés par des acteurs locaux qui affectent les activités économiques du pays.

    Ainsi, depuis 2009, le Mali-Nord est devenu le passage privilégié des réseaux mafieux, notamment les secteurs de Tessalit, Tin-Zawaten, In Khalil et le Tasmena pour lesquels l’ancienne rébellion touarègue de 2006 s’est battue pendant plusieurs années pour qu’ils n’échappent pas à son emprise. Du coup, ces localités sont devenues de véritables carrefours pour différents réseaux de connexions mafieuses (Malian Connection) qui ont obligé les forces de sécurité du pays à faire usage à plusieurs reprises de leurs armes.

    En 2008, l’ONUDC a recensé un plus grand nombre de saisies de drogue et une recrudescence du trafic via le désert du Sahara. Selon les enquêteurs, la drogue venant de différents ports d’Afrique de l’Ouest, est acheminée à travers le Mali-Nord, avant d’être envoyée vers les marchés lucratifs de l’héroïne et de la cocaïne en Europe. C’est le cas de la résine de cannabis venant du Maroc : elle parcourt les territoires sahraoui et mauritanien, traverse le Mali, le Niger, le Tchad, le Soudan jusqu’à la mer Rouge en péninsule Arabique.

    Face à l’insuffisance des moyens mis en œuvre pour lutter contre ce fléau, les narcotrafiquants ne manquent pas d’imagination et d’audace. Ceux-ci usent tous les moyens nécessaires pour acheminer la cocaïne en Europe via le Sahara malien. Grace à une couverture radar quasiment inexistante dans la région, le Boeing, surnommé « air cocaïne » par la presse malienne a pu se poser sans être repéré. Son itinéraire a prouvé que les trafiquants ont bénéficié d’une complicité assez inédite.

    En provenance de l’Aéroport international Tocumen (PANAMA), l’avion aurait atterri à Maracaibo, au (Venezuela près de la frontière colombienne). Quelques jours plus tard, il pénétra au Mali et se posa en plein désert, sur une piste en terre battue. Selon les informations recueillies auprès d’un pilote de l’armée malienne en 2011, cette ancienne piste, longue de quelques centaines de mètres aurait été utilisée par les services secrets français pendant la rébellion des années 90 pour évacuer les blessés touaregs en direction de Niamey.

    Auparavant, le parquet fédéral à New York et la DEA (Drug Enforcement Administration) avait établi un réseau de narcotrafiquants impliquant plusieurs individus de différente nationalité. En aout 2009, un agent de la DEA se fait passer pour un islamiste libanais radical représentant les membres des FARC colombiennes et rencontre trois Maliens (tous ressortissants du Nord) suspectés d’appartenir à une association criminelle qui opérait au Togo, au Ghana, au Burkina Faso et au Mali.
    L’enquête a permis de savoir que le réseau a fait passer deux tonnes de haschich sans grandes difficultés à travers le Sahara malien à destination de la Tunisie. De plus, de nombreux observateurs sont convaincus que la région de Kidal demeure un point de passage privilégié des réseaux mafieux. Même si, les rebelles touaregs ont nié tout rôle important dans le trafic de drogue, certains parmi eux admettent, sous couvert de l’anonymat, que les trafiquants faisaient appel à leurs services en tant qu’agents de renseignements ou pour l’occasion, de chauffeurs : « on en sait moins que les gens croient sur le trafic de drogue. On aimerait bien être plus impliqués. Nos jeunes n’ont pas de travail. Au moins, ça nous rapporterait un peu d’argent (…) Ils peuvent faire appel à nous pour guetter les forces de sécurité en nous faisant passer pour des éleveurs- vous savez, ces vieillards qui n’ont pas de bêtes, mais qui attendent au beau milieu du désert ».

    La route des drogues dans le Sahara malien, un curieux détour

    Pour Geopolitical Drugs Watch (organisme chargé d’étudier les questions de trafic de drogues), l’utilisation de certains Etats du Sahel comme le Mali (point de passage) révèle l’obstination des trafiquants à acheminer vers l’Europe occidentale à tout prix leur cargaison de cocaïne et d’héroïne. Le Nigeria est cité pour 649 passeurs nigérians dans les itinéraires des trafiquants de drogues, Geopolitical Drugs Watch 2008.

    En 2008, la presse malienne a révélé l’arrestation d’un ressortissant ghanéen à l’aéroport de Bamako-Senou en possession de plusieurs boules d’héroïne d’une valeur marchande de 50 millions de FCFA (76.000 euros).

    En 2005, la douane malienne a saisi plus de 374 kg de drogues (tous genres confondus dont un kilo de cocaïne). 1 190 kg dont 221 kilos de cocaïne ont été enregistrés en 2006.

    L’année 2007 a enregistré une saisie de 4.517 kilos avec une augmentation prodigieuse de la qualité de cocaïne interceptée (859 kilogrammes).

    En 2008, pour procéder à la saisie à Kidal de 30 colis de résine de pavot dont la valeur était estimée à 45 millions de dollars (environ 22 milliards de FCFA) les agents de la douane ont du affronter directement des trafiquants armés. L’échange de coups de feu a duré près de sept heures. La presse malienne a largement fait écho de ces évènements.

    En novembre 2009, des trafiquants ont utilisé un Boeing pour acheminer de la cocaïne à Tarkint (Gao).De source militaire malienne, « air cocaïne » aurait fait six (06) voyages dont 60 tonnes de cocaïne par voyage. C’est au cours de son sixième voyage que l’avion n’a pas pu décoller pour cause de panne.

    En 2013, le maire de Tarkint Baba Ould Cheick (un arabe), soupçonné d’être impliqué dans l’affaire « air cocaïne », a été arrêté par les autorités maliennes.
    En juin 2011, sur les antennes de la radiodiffusion télévision du Mali, le procureur de la République a évoqué la complicité de trois étrangers dont un Français, un Espagnol et un Colombien. Tous les trois vivaient au Mali où, elles masqueraient leurs activités dans le tourisme et dans le social pour tromper la vigilance des services de sécurité maliens. Lors de mes entretiens (en août 2011) avec un doctorant, travaillant sur ce sujet, celui-ci m’informe qu’un des proches du pouvoir central serait impliqué dans ce trafic. Il s’agit notamment, du beau-fils d’un officier touareg.

    La même source a aussi indiqué que les rebelles touaregs auraient été encadrés par un colonel de la gendarmerie française surnommé « El Béchir ». Ce dernier aurait participé à l’assassinat de Jean Marie Tjibaou, le leader indépendantiste de la Nouvelle Calédonie.

    Source : extrait du livre « Le conflit touareg et ses enjeux géopolitiques au Mali » de Abdoulaye TAMBOURA
    NB : Le titre est de la Rédaction
    L’INTER DE BAMAKO

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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