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    Défense des droits des migrants : L’Association malienne des expulsés fête ses 20 ans

    dimanche 6 novembre 2016 , par Assane Koné

    « 6 octobre 1996 au 6 octobre 2016, l’Association malienne des expulsés a 20 ans ». Et, cela se fête surtout quand cette association peut se taper la poitrine d’avoir engrené des résultats palpables pendants les 20 années de combat au service des migrants. Convaincue qu’un anniversaire est une fête, mais aussi un moment d’évaluation du chemin parcouru et d’élaboration des perspectives, l’AME a mis les petits plats dans les grands pour fêter ses 20 années d’existence du 5 au 6 novembre 2016, au Musé nationale du Mali, au cours d’une rencontre internationale, placée sous le thème : « 20 ans de lutte au service des migrants : Bilan et perspectives ».

    En plus de toutes associations maliennes de défense des droits des migrants, l’AME a ratissé large en Afrique et dans le monde pour faire de son 20ème anniversaire un évènement mémorable. En Afrique, les participants sont venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Niger, du Togo, de la Sierra-Léone et de la Mauritanie. De l’Europe, la rencontre a enregistré des participants venus de l’Allemagne, d’Autriche, de la France, des Pays-Bas et de la Suisse.

    La cérémonie d’ouverture des manifestations commémoratives des 20 ans de l’AME, a été présidée par Moussa Aliou Koné, Chef de Cabinet du ministre des maliens de l’extérieur. Elle a enregistré la présence de Jolke Oppewal, Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Mali.

    D’entré de jeu, Ousmane Diarra, Président de l’AME a tenu à préciser que « l’organisation de cette cérémonie a été possible grâce au concours de tous les amis de l’AME en général, mais des partenaires en particulier ». Selon lui, il s’agit de : Medico International, Pain Pour Le Monde, Afrique-Europe-InterAct, le Ministère des Maliens de l’Extérieur.

    « Au nom de toute l’équipe de l’AME, je voudrais leur exprimer notre reconnaissance et les encourager davantage à appuyer l’AME dans sa quête de justice sociale au profit des migrants », a-t-il déclaré. Avant de rappeler que l’AME a été créée le 6 octobre 1996 à Bamako à la suite des expulsions massives des migrants maliens d’Afrique, d’Europe et d’Asie.

    « Les migrants, expulsées des pays d’accueil, humiliés, sans ressources et ayant totalement perdu espoir arrivaient dans leur pays d’origine sans aucun dispositif d’accueil mis en place par les autorités. Ils se réunissaient dans la cour du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME) au quotidien pour trouver une solution à leurs problèmes, mais sans succès et pire, certains étaient tout simplement mis en prison dès leur arrivée dans leur propre pays », a-t-il rappelé.

    Selon lui, c’est face à ces multiples injustices (expulsions, emprisonnement, absence d’aide de l’Etat…), que les migrants expulsés décidèrent de prendre eux-mêmes leur destin en main. « C’est ainsi qu’est née l’idée de créer une association pour défendre les droits des migrants maliens partout dans le monde. Un collectif de soutien a été mis en place pour mener des actions communes, il était composé de défenseurs des droits de l’homme comme l’AMDH, des journalistes de Sanfing et la radio Kayira, d’hommes politiques engagés pour la cause des migrants comme Dr Oumar Mariko », a-t-il indiqué. Avant de rendre un hommage spécial à Feue Me Bam Diarra, pour son engagement aux côtés des expulsés pour la création de l’AME.

    20 années après, toujours les mêmes inquiétudes

    Ce rappel fait Ousmane Diarra dira que 20 années ont passé, mais la question de la migration se pose encore avec presque la même inquiétude. « Les dirigeants du monde en général et ceux d’Afrique en particulier n’ont pas toujours trouvé une solution adéquate aux causes profondes de la migration. C’est pour cette raison que les dirigeants du monde se sont retrouvés à la Valette (Malte) en novembre 2015 pour proposer des solutions, mais qui sont toujours inadéquates. Il s’agit par exemple du point N°5 (retour, réadmission et réinsertion) des 5 domaines prioritaires du plan d’action de la Valette », a-t-il déclaré.

    Ousmane Diarra a déploré le fait que nous soyons encore impuissants à assister des milliers de jeunes maliens qui sortent des écoles sans perspectives et sans espoirs et qui prennent tout simplement le chemin de l’aventure pour aller chercher de meilleures conditions de vie ailleurs.

    Pour cela, il dira que les questions récurrentes sont toujours à l’ordre du jour, notamment : la problématique de la formation et de l’emploi des jeunes, le chômage, l’accaparement des terres agricoles.

    Après cette brève stigmatisation des causes de l’émigration, Ousmane Diarra dira qu’à sa création, l’AME lutta pour les droits humains fondamentaux des migrants. « Cet engagement fait suite aux constats de nombreuses violences injustes durant le parcours migratoire et aux emprisonnements abusifs lors du retour dans le pays d’origine », a-t-indiqué.

    Il a rappelé que l’une des premières actions significatives de l’AME fut d’organiser à Bamako en 1997 une marche de soutien pour la libération de 77 Maliens expulsés de France par le « 36ème charter Debré » et emprisonnés par le gouvernement malien de l’époque. « Deux semaines après cette marche historique, les expulsés emprisonnés étaient tous remis en liberté », a-t-il indiqué.

    Il dira qu’en plus d’avoir inscrit dans ses objectifs le combat pour le changement des politiques migratoires des Etats expulseurs et des Etats d’origine des migrants, l’AME se bat au quotidien pour les revendications juridiques (récupérations de biens des migrants). Selon Ousmane Diarra, sa structure organise l’aide d’urgence autour de l’accueil des migrants à l’aéroport de Bamako et dans les gares routières. « Elle se poursuit par leur conduite au siège de l’AME, où ils peuvent être accueillis pendant 3 jours (hébergement, nourriture, soins d’urgences, hygiène, vestiaire) », a-t-il rappelé.

    Le Président de l’AME a indiqué que durant cette période, le migrant est pris en charge par le pool solidarité de l’AME, à travers la prise de témoignage, l’écoute, les groupes de paroles, la mise en contact avec la famille, la médiation familiale, l’aide aux financements du transport vers la famille et l’orientation vers les juristes si nécessaire.

    « L’AME mène aussi des actions de sensibilisation auprès de la population et des migrants à travers des émissions radio, des conférences, des caravanes populaires, des expositions photos et aussi des projections de films », a-t-il indiqué.

    Il a aussi révélé que l’évolution de l’AME l’a conduit à l’ouverture de deux antennes dans différentes régions maliennes : à Nioro du Sahel pour accueillir les expulsés de la Mauritanie, et à Kidal, pour porter assistance aux refoulés et expulsés du Maghreb. « Malheureusement l’antenne de Kidal a été fermé à cause de la rébellion qui a éclaté », a-t-il regretté. Avant de dire qu’en 2012, à la suite de l’éclatement de la guerre au Mali, des centaines de milliers de populations se sont déplacées à l’intérieur du Mali et dans les pays voisins. « L’AME a apporté son assistance à cette catégorie de migrant à travers un projet intitulé « Assistance psycho-médical et insertion socio- économique des filles et femmes déplacées du Nord et victimes des violences », a-t-il conclu.

    Thomas de l’ONG Medico-International, partenaire stratégique de l’AME, est ensuite intervenu pour préciser le sens de leur partenariat avec AME. Selon, lui, c’est partenariat gagnant-gagnant. « Pour nous le partenariat est une action solidaire commune à tous les niveau. On comprend la solidarité comme un réseautage des initiatives locales pour la lutte contre les conditions qui soient favorables à une bonne vie », a-t-il indiqué. Avant de révéler que Medico-International a beaucoup bénéficier de l’expérience de l’AME sur les questions migratoire pour aiguiser sa propre compréhension du phénomène pour renforcer sa crédibilité en Allemagne.

    AME, acteur central sur les questions de migration

    « Il ya 20 ans, que les hommes et les femmes qui ont vécu l’horreur dans leurs parcours migratoires ont décidé de se donner la main pour créer l’Association malienne des expulsés dans un contexte où très peu d’acteurs évoluaient dans le champ de la migration », a indiqué Moussa Aliou Koné, Chef de cabinet du Ministre des maliens de l’extérieur.

    Il n’a pas manqué de faire remarquer que « depuis la structure AME s’est imposée comme un acteur central de la société civile malienne sur les questions de migration ». « Vos prises de position ont considérablement contribué à l’instauration d’un dialogue pérenne sur la migration », a-t-il déclaré, comme pour saluer tout le mérite de l’AME.

    Il a admis que l’engagement de l’AME prône une gestion cohérente et efficace des flux migratoires, selon une approche durable qui privilégié la dimension humaine et l’instauration d’un dialogue politique permanent entre divers acteurs et parties prenantes.

    « L’Etat suit avec un intérêt le travail remarquable d’accueil, d’assistance, de protection, de sensibilisation et d’insertion des migrants de retour que vous vous efforcez d’apporter à des milliers de nos compatriotes tous les jours », a-t-il indiqué. Avant d’annoncer le démarrage des activités commémoratives de l’anniversaire.

    Il a ensuite rappelé que les plus hautes autorités du pays tiennent à faire de la migration un véritable atout de développement de notre pays, un facteur de réduction de la pauvreté et de croissance économique. Mais, il dira que la migration irrégulière constitue pour notre pays une préoccupation majeure avec les centaines de morts par noyades ces dernières années et des expulsions massives de nos compatriotes.

    Pendant deux jours, les participants ont planché sur des thèmes comme : Rôle des syndicats et de la société civile dans la gestion de la migration au Mali ; La mobilité dans un contexte d’insécurité ; Migration et gestion des ressources naturelles en Afrique : Développement, accaparement des terres et migration, dette et crise migratoire ; Mobilisation des associative et coopération Nord-Sud : Processus de la Valette, accord de Cotonou (ACP), processus de Rabat ; et Liberté de circulation et intégration en Afrique de l’Ouest.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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